#4078

Tram, bus, métro, des rues, des rues, des ponts, une ville si immense que pour le piéton provincial elle approche un infini de pierre, de macadam et de béton. Même au sein d’une forêt comme celle de Meudon, la ville enlace et pénètre partout, ces quelques jours furent pour l’amoureux d’urbain que je suis un calme vertige, proche de celui de Londres mais en collage plus dense – avec des pépites au long du chemin, comme le kebab « Aucune idée », la station « Brimborion » ou les cosmopolites passagers d’un instant métropolitain (la princesse indienne, le rockeur, la révolutionnaire sud-américaine et le vieux germano-pratin). Fatiguant, bruyant, froid, mais brièvement fascinant voyage, en dépit du contexte peu amusant des hommages aux amis disparus.

#4073

Combien sommes-nous à entretenir une coupable nostalgie ? J’ai découvert avec amusement que mon excellent camarade Gerardo exprime comme moi une forme d’incrédulité à voir Bordeaux la blonde, lorsque nos souvenirs retiennent une ville aux murs sombres. Le cours Victor-Hugo en particulier demeure dans mon image mentale d’une vraie noirceur, des immeubles peints de suie. Le juppéisme arrosa les façades de subsides européens afin de nettoyer la ville mais n’interdit pas le trafic automobile : le cours Victor-Hugo n’est plus noir mais perd également, peu à peu, de sa blondeur retrouvée, pour se voiler d’une regrettable grisaille.

#4071

Cette nuit a les doigts froids, qui tambourinent à mon vasistas. C’est la période grise, celle des jours de peu de lumière, de l’éclat orange des réverbères dans des soirs trop tôt tombés, des trottoirs rincés de pluie, des feuilles mortes chiffonnées et des lassitudes désenchantées.