Mais qu’ont-ils donc fait de ma ville ? Revenir de Marmande hier soir c’était confronter devant une gare gommée le fantôme de Bordeaux, parcouru de fumées grises et de brumes blanches. Un simple souvenir urbain, borné d’horizons en coton sous un ciel sans lumière, étouffé et glaçant, où même le soleil ne figure qu’en une étincelle perçante.
Archives de catégorie : journal
#4091
Gageons qu’il s’agira hélas d’un week-end sans marche du samedi matin ni brocante du dimanche matin : 100% de pluie nous annoncent gaillardement les services météorologiques, et je viens d’être tiré des bras de Morphée par l’assaut des batteries du ciel sur mon vasistas, un crépitement liquide brusque et brutal qui interrompit un curieux rêve de voyages dans le temps dans un palais des congrès et de fantôme au néon (don’t ask). Damned and gosh, old bean, de la pluie en hiver, où va-t-on je vous le demande ?
#4090
#4089
Allez, hauts le cœurs ! Après tout, et pour se la jouer très perso, on verra bien ce que cette année 2022 va encore me jeter à la figure. En 2021, le monde fut assez méchant (si, si) pour me prendre ma chatte noire Carmilla, pour rendre très malade ma vieille chatte Jabule (mais elle va de nouveau plutôt bien), pour me provoquer un petit AVC le 11 juillet (le grand vertige) et m’en rendre malade 4 long mois durant (croisons les yeux), et ne parlons même pas de la crise du distributeur des Moutons électriques pile en fin d’année (joyeux Noël), alors je ne fanfaronne pas, je dis juste que j’attends les choses sans baisser les bras, en ployant tel le roseau et en construisant de beaux projets. Bonne année, les gens.
#4087
Je tiens à ce rituel, celui d’une promenade dans les rues de Chinon, la petite ville tourangelle qui fut celle de mes grands-parents paternels. Une sorte de pèlerinage en somme, à humer cette poésie citadine ancienne en un maigre jour d’hiver. Les souvenirs des commerces d’antan accompagnent nos pas comme une ville fantôme, ici se trouvait la boutique d’opticien de mon grand-père, là un marchand de tonneaux, ici la boucherie chevaline porte encore son enseigne, là un coiffeur à la célèbre excentricité, la boutique en entresol de la libraire madame Robin, le pressing, un marchand de légumes, une marchande d’instruments de musique… Une sorte d’âge d’or que nous retraçons, dans des rues pour la plupart vides et aux devantures closes, le commerce ayant déserté toutes ces petites bourgades dans la tyrannie du centre commercial et de l’automobile.
