#4039

Aux patères dans l’entrée, j’ai deux feutres et un canotier, mais le chapeau ne se porte plus guère. Tout juste en attendant devant la gare vois-je quelques hipsters à bonnet ou à bob et un groupe de beurs en casquette à visière longue ; les femmes sortent toutes « en cheveux », de nos jours, plus de couvre-chef. Je regrette cet appauvrissement de la mode et porte une casquette molle, presque sans visière, une légère l’été et une plus chaude en laine pour l’hiver. En constatant tout cela ce midi, je me suis demandé si dans l’univers de Bodichiev les citoyens portent encore des chapeaux. Bodichiev lui-même a souvent une casquette. Je vais indiquer ça, je crois, en passant.

#4037

Tandis que mon vaillant apprenti emplissait mon bureau de petits tas de feuilles et de post-it, en plein tri des archives Wagner, pour ma part je me suis plongé hier dans mes propres archives. J’ai enfin remis la main sur un carnet que je craignais disparu, contenant une grande tranche du court roman en cours de collage / écriture depuis des notes éparses et variées. Très curieux de redécouvrir ce fragment longtemps perdu, dont j’avais partiellement oublié la teneur : se déchiffrer soi-même, se retrouver et se reconstruire. Comme si mon moi passé me dictait la suite. Gros travail.

#4036

Une immense lune flotte en filigrane ce matin au-dessus des voies, blanche sur le bleu. S’y distinguent parfaitement les rivières et les villes auxquelles je rêvais étant enfant. Cette même lune qui cette nuit me réveilla en éclaboussant mon lit de cet argent irritant qui empêche de dormir. A peine émergé du sommeil qu’une scène de Bodichiev me vint, assez longue, que j’ai rédigé sur l’iPhone.

#4033

Peinte de suie, la ville de Bordeaux que je connus étudiant se vêtait de noir. La voir aujourd’hui toute blonde me surprend souvent, comme deux réalités qui se superposent. Et se rencontrent aussi été et automne maintenant, avec des courges sur les étals, de grandes constructions nuageuses et toutes ces bogues de marron jonchant le sol.

#4032

Promenade dans les prés où la rosée étincelle encore, un coq chante au loin, la départementale ronfle déjà, sur une allée de gravier blanc deux escargots s’enlacent. Le soleil matinal heurte mes yeux. Passant auprès de l’ancien poulailler, sous un cerisier tordu, je dérange un couple de chevreuils qui s’esquive en soulevant une senteur de menthe.