Matin lent à Champignac, seuls pressés étaient les deux chevreuils que j’ai vu galoper devant la maison en ouvrant mes volets. Des libellules tournent dans l’ombre fraîche du mirabellier. Tout me fatigue, yeux qui piquent et tête au ralenti ; la semaine qui vient sera très utile et infiniment agréable — séminaire de travail des Moutons électriques — mais certainement un peu épuisante.
Archives de catégorie : journal
#4030
#4029
Départ pour un week-end à Champignac, dans une ville ouatée, toute estompée de brouillard blanc. A la gare, sur un banc gisent un grand bâton et une houppelande en laine, comme si un berger landais venait de se dissoudre dans l’air embrumé. Sur les quais le soleil imbibe les nuées en une auréole de beurre. La rive droite pour sa part baigne dans une poussiéreuse lumière hivernale, qui dore le haut des façades et jette des étincelles sur les carapaces automobiles.
#4028
Ah c’est certain, avec ces deux mois de maladie, peinant à lire sur papier, j’ai pris beaucoup de retard dans mes lectures bédé, et je continue pourtant à en acheter, l’actualité redevenant riche. Enfin, gageons que lorsque j’aurai enfin mes nouvelles lunettes j’écluserai assez vite tout cela. Après une grosse décennie à m’être un peu éloigné du domaine, j’ai gravement rechuté, du fait de la fréquentation d’un excellent dealer. Les libraires nous veulent du mal. Et en début d’après-midi je me trouvais accoudé au bar dudit marchand lorsqu’un copain me texta qu’il m’envoyait son gros album tout neuf, et moi de m’en réjouir, accro que je suis. On est bien peu d’chose, allez.
#4027
Jolie synchronicité. Comme je me rendais au bureau pour tirer les volets, je me mis à admirer cette lumière jaune du ciel tardif, qui vernit la rue d’une sorte d’énergie vibrante entre deux gouttes de pluie. Et je lis chez Gracq (Lettrines 2) : « À mesure que je vieillis, il me semble que ma sensibilité à la lumière augmente. À certaines heures […] elle me monte à la tête comme un alcool. »
