L’un des attraits des voyages ferroviaires se trouve dans le mystère des chemins. Toutes ces sentes que l’on voit courir depuis le point de vue de la voie, dont on ne sait pas et ne saura jamais vers quel horizon elles s’ouvrent, vers quelle destination elles filent. Large allée crayeuse dans une forêt de pins, chemin sinueux de terre ocre entre les genêts, sentier sableux au sein des vignes, miroir rectiligne d’un canal, coude d’une rivière ombragée de saules, traces parallèles franchissant un pré, petite départementale sous les fuseaux drus des cyprès, escalier montant au bord d’un talus, route grise contournant une colline sous le regard d’un cheval blanc…
Archives de catégorie : nature
#2702
Chez l’un de mes oncles, dimanche à Budos, le territoire où l’on capte l’eau pour alimenter Bordeaux. Les cloches sonnent l’angélus, les corneilles gloussent dans le laurier géant, les gouttes d’une pluie légère tintinnabulent sur les érables et contre les flancs oranges des citrouilles. De l’autre côté des vignes, un chien aboie. Les poules restent coites.
#2700
D’anciennes demeures fortifiées ponctuent çà et là le sommet des collines, ou parfois le clocher carré d’une église, considérant le paysage depuis la pierre dorée de leur façade avec la sorte de morgue vexée des vieilles personnes qui savent avoir perdu leur rôle social. À leur pied s’éparpillent des ballots de foin comme les pilules tombées de la boîte d’un géant parkinsonien. La rectiligne verte du canal double la voie ferrée en une poursuite immobile. L’alignement des ifs rappellent un peu la Toscane et aux tavelures de soleil des tuiles romaines répondent les feuillages jaunis et racornis des maïs.
(Toulouse-Bordeaux by train)
#2695
En arrivant en région parisienne, le ciel se transforme en une croûte ombreuse veinée de sillons blancs et çà et là dans le lointain tombent par bouquets sombres des colonnes obliques.
#2688
Lorsque dans un ciel largement ouvert, champ bleu semé d’immenses bâtisses blanches à l’architecture filandreuse, un nuage soudain cache le soleil, c’est toute la réalité qui devient matte, comme s’il venait à manquer une dimension que nous ne soupçonnions pas.
