Ouf : Interjection exprimant le soulagement. Ouf! enfin, on respire. Ouf! bon débarras.
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Belle journée d’hier, dimanche, qui commença sous une pluie battante mais le ciel bientôt se dégagea… et toute la journée je me suis promené parapluie en main, pour rien, sous un grand ciel très bleu que traversait de grandes bourrasques de vent chaud. Mais comme le dirait Laurent Q. un rien taquin, de toute manière j’aime bien cet aspect dandy que me confère mon beau parapluie anglais. J’allais donc le matin au Blogg Café, rendez-vous de la jeunesse branchouille cette fois reconverti en hall d’accueil pour stands de fanzineux, bouquinistes et autres petits éditeurs. Les Moutons n’y tenaient pas stand, non non, fidèles à notre flemme de jouer aux libraires (enfin, comme j’ai bientôt un stagiaire, j’ai quand même accepté qu’on en tienne un au Lyon Geek Show, pour une fois – week-end du 19-20 mai). Je papotais donc avec les duettistes Queyssi & Barillier, amis que j’avais plaisir à revoir, avec encore quelques autres personnalités présentes, avant de filer après un burger vers les tréfonds de Villeurbanne pour discuter de couv avec Seb Hayez & Let Goffi. En passant, non loin de chez eux j’eus un choc esthétique: en haut d’une vieille façade, un large frontispice dans une typo semblable à celle qu’affectionne le graphiste canadien Seth proclame une raison sociale que l’on croirait vraiment tirée d’une de ces bédés: Association typographique lyonnaise. Il faudrait aller photographier cela, c’est superbe.
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En parlant de butter-coloured stucco, c’est là un élément de l’architecture londonienne que je trouve admirable — j’allais écrire « que j’ai toujours trouvé admirable », mais justement non, j’en ai soudain réalisé la qualité un soir (déjà lointain) que je me trouvais dans Chelsea, à côté de la Tate Britain (alors encore seulement Tate Gallery). Le jour tombant rasait les façades de rayon bas et chauds, et sous le ciel gris qui s’assombrissait les immeubles prirent une teinte dorée, reflétant admirablement le peu de lumière qui restait. Et par les jours de pluie et/ou de ciel bas, si nombreux, ces mêmes façades à la délicate teinte de beurre frais semblent presque rayonner, elles réchauffent visuellement la ville comme du blanc, froid, ne saurait le faire. Ainsi la couleur dominante des alignements d’anciens hôtels particuliers possède une raison pragmatique, celle des vibrations lumineuses. Ce qui me remet aussi à l’esprit une émission de jardinage que j’avais vu un jour, émission british bien entendu, où le présentateur expliquait l’importance d’avoir des fleurs violettes — car c’est la dernière teinte qui vibre lorsque le jour tombe ou qu’il y a peu de lumière.
Point de façades butter-coloured à Édimbourg cependant, la pierre locale étant d’un beau gris bien soutenu, avec de-ci de-là des bâtiments en larges pierres de grès rouge, que l’on croirait tout de terre cuite. Ce gris ne vibre guère, il est stable, inchangeant selon la couleur du ciel. Cela confère à la ville une sorte de massivité tranquille, qui m’a semblé assez unique lorsque nous avons traversé les quartiers ouest pour nous rendre en bus jusqu’au petit port de Leith. Plus tard, en passant à pied dans les mêmes quartiers ouest, en débutant par le ravissant Charlotte Square, c’est ce même gris qui m’a frappé, d’une teinte non sans délicatesse mais sans concession. Dans les deux vieilles villes, Old Town et New Town, ce gris est compromis par la pollution, souillé de noir. Est-ce pour autant d’une terrible tristesse? Pas forcément: lorsque j’étais étudiant, Bordeaux présentait le même visage de suie noire et je trouvais cela délicieusement gothique, cette noirceur conférait à la ville une patine, une force même, qui camouflait un peu son délabrement (la pierre de Bordeaux est, normalement, d’un blond presque doré: la ville a donc radicalement changé de visage avec les rénovations, mais elle redevient vite grise car cette pierre est fragile, très poreuse, Bordeaux s’assombrira donc tant que durera le règne brutal de l’automobile-reine).

