Film historique du futur
#1448
Précipitation, vente forcée et censure rampante… Les radios indépendantes en danger : lire le communiqué « radios libres en lutte ».
#1447
La semaine dernière, je me suis (de nouveau) rendu en cette bonne ville de Paris. Avec entre autres raisons, l’agréable nécessité d’une promenade à Belleville, sur les traces du sieur Malaussène. Ce qui fut exécuté en compagnie de mon ex-stagiaire d’il y a déjà plus d’un an, il signore Lupi-Lozzi. Délicieuse balade de deux jours, de haut en bas de ce quartier que je connaissais finalement très mal et que je découvris plein de charme.
Une autre raison pour ce déplacement, et la principale assurément, c’était le concert d’In Cahoot. Belle utopie (réalisée) que le Triton, ce club de jazz-rock des Lilas, alliant restaurant, studio d’enregistrement et salle de concert. Petite et intimiste, la salle. Et magique: jamais je n’aurai cru voir un jour monsieur Phil Miller et ses camarades, sur une scène, à plus forte raison une scène française. Le tout en sirotant un cidre, assis à une petite table en compagnie de mon ancien coloc. Peu d’assistance, mais de qualité: Hugh Hopper et Sophia Domancich se tenaient non loin de nous, tandis qu’à la pause les musiciens vinrent fumer au dehors en compagnie du public.
Je réalise ce disant combien il s’agit de commentaires futiles — mais je ne saurai parler de la musique, n’ayant guère les mots pour cela. J’aime beaucoup In Cahoot et ne fut pas le moins du monde déçu. Séduit, au contraire: émerveillé. Enfin du vrai Canterbury, là, devant moi. Une sorte de miracle, pour quelques initiés sous le charme.
#1446
Au fait, je n’ai pas encore eu le temps d’en parler ici: happy joy joy! Le prix du cafard cosmique est allé à un recueil publié aux Moutons électriques, Janua Vera de Jean-Philippe Jaworski. Auteur heureux, éditeur comblé!
#1445
Firenze / 7 (où le capitaine en finit avec Florence, tout de même)
Dans une ville aussi intensivement touristique, il est étonnant, me semble-t-il, qu’en définitive si peu soit fait pour le touriste.
Ainsi, plusieurs musées ne sont ouverts que le matin (en raison de la chaleur?), et souvent ne sont-ils pas bien indiqués, ou alors seulement dans la langue de Dante ; peu d’éclairages, accrochages antiques, sonneries intempestives ; quant au principe de « boutique de musée », il est franchement négligé. Impossible par exemple de pénétrer dans celle de la Galerie des Offices depuis l’extérieur.
Le musée zoologique et anatomique, datant du XVIIIe siècle et que j’avais envie de voir, n’a rien d’aisé à dénicher. Situé au dernier étage des vieux bâtiments de la fac de zoologie, sur la rive gauche, il ne possède comme entrée que le porche d’un parking, et comme indication que quelques bouts de papier à demi effacés sous une feuille de plastique jaunie. Du coup, je m’attendais à des salles obscures pleines d’animaux empaillés poussiéreux. Mais tout de même pas: cliniquement éclairées et parfaitement entretenues, un nombre formidable de vitrines, des mètres et des mètres linéaires de bestioles mortes, c’est fascinant, toute la Création semble avoir échoué ici sous le couteau d’un taxidermiste toscan. Et certaines des dites bestioles datent de la fin du XVIIIe ou jusqu’au début du XXe. Depuis les plus minuscules invertébrés jusqu’aux baleines les plus énormes, et tout le défilé des oryctéropes, tarsiers, échidnés, lémures, okapi, tatous, pangolins et autres oloturies.
Sans parler, au tout début de cette prodigieuse enfilade de salles basses aux murs d’un vert hospitalier, des maquettes de protozoaires et celles de mollusques. À la fin, introduit par un squelette humain nettement plus grand que nature, sont les moulages anatomiques: toute une atroce boucherie du XVIIe, le corps humain en étalage d’un rouge-brun, découpé en tranches, rondelles et écorchés multiples. Un rêve de savant fou (ou de Mauméjean, peut-être), à la limite de l’écoeurement — juste de l’autre côté de la limite, en fait.
Noms en latin, commentaires en italien, muséographie figée à l’entre-deux-guerres: une visite formidablement désuète et intellectuellement très stimulante.
(finis)