#1178

Hier soir, conférence sur les rapport de la littérature avec la photographie, par Gérard Macé. Passionnante, une communication très fine et cultivée, portant surtout sur Baudelaire et Lewis Carroll. L’auteur a terminé en évoquant brièvement ses propres rapports à la photo: écrivain lui-même (chez Gallimard), il ne pratique l’art du clic que depuis quelques années. Une question de l’assistance lui a permis de répondre… à mes interrogations de ces derniers temps sur le statut artistique d’une photo et sur les conditions de son passage au musée. Réponse très nuancée et assez pragmatique, ma foi. Il faudrait que je trouve le temps de lire Macé.

#1177

« Dans cette époque où pullulent les yogis, il est trop facilement accepté que le non-attachementest non seulement meilleur qu’une acceptation de la vie ici bas, mais que l’homme ordinaire le rejette uniquement parce qu’il est trop difficile à pratiquer: en d’autres termes parce que l’être humain normal est un saint manqué. On peut douter que cela soit vrai. Beaucoup de gens ne souhaitent en aucune manière être des saints et il est probable que ceux qui parviennent ou aspirent à la sainteté n’ont jamais éprouvé beaucoup de désir pour les êtres humains. Si on pouvait remonter jusqu’à leurs racines psychologiques, je crois qu’on découvrirait que le principal motif du non-attachement est le désir de fuir la douleur de vivre, et par-dessus tout, de fuir l’amour. Lequel, qu’il soit sexuel ou non, est un dur travail. » (George Orwell)

#1175

Une version mise à jour et complétée du site web des Moutons électriques est maintenant en ligne, avec notamment plein de citations de presse et quelques suppléments PDF pour certains ouvrages. Bossé hier avec le webmaster sur tous les autres changements et ajouts prochains… C’est un sacré boulot, un site, je n’avais pas idée. Encore beaucoup « bidouillé » dessus aujourd’hui, complété des fiches et des tas d’infos…

#1174

Hier soir, conférence aux Chartreux sur un sujet assez ésotérique: François Yvrier, l’un des créateurs de l’institution. Si j’y suis allé, c’est que je suis « fan » de celui qui devait parler: le père Bruno Martin, un formidable dandy à l’anglaise, aussi érudit qu’il est drôle, d’un humour fin et toujours impertinent. Ce brillant esprit nous a donc passionné et fait rire sur la vie d’un prêtre aux lubies artistiques assez géniales, tout en retraçant l’histoire de cette grande école catholique et en insistant bien sur ses liens profonds avec l’art d’avant-garde du XIXe siècle. Entre autres témoignages de ce rapport, il nous sortit un colossal volume ancien: un traité d’Alfred Pugin sur le gothique, acheté à parution, alors que le néo-gothique se trouvait à la fine fleur de l’avant-garde architecturale anglaise (la chapelle des Chartreux est néo-gothique, bien entendu). Le tout comme d’habitude entre les murs couverts de vieilles reliures en cuir de la bibliothèque des Missionnaires. Ces moments de culture hors du temps possèdent un charme indéfinissable, en tout cas très séduisant.