#122

Ah, bah: j’vous l’avais bien dit, qu’en décembre je ne serais guère capable d’écrire sur mon weblog… Rien à dire, rien à écrire, puisque je ne vis plus: boulot-dodo, boulot-dodo, boulot-dodo, that’s all. L’aliénation de Noël. En rentrant, certains soirs, j’ai l’impression que ma cervelle est comme une laitue passée au micro-onde…

Peu d’avance dans mes lectures. Récupéré un petit guide de Londres, encore un! City Secrets London (chez The Little Bookroom, New York). Chaque lieu y est commenté par un romancier, artiste, architecte, conservateur de musée, journaliste, poète, etc. Et chacun nous revèle un lieu qu’il aime, en parle vite & bien… Un guide éminement subjectif, donc, et c’est là toute sa sympathique richesse. Des tas de petites trouvailles à faire dans ces pages, c’est sûr, comme me l’a prouvée la rapide lecture/exploration que j’en ai fait hier soir entre deux papillotements de yeux…

#121

Non-fiction: lu, il y a déjà quelques semaines mais j’avais oublié d’en parler, Naissance de la police privée (Détectives et agences de recherches en France, 1832-1942), par Dominique Kalifa (Plon, 2000).

Le sous-titre dit tout… Depuis le fameux Vidocq jusqu’à l’aube de la Deuxième guerre mondiale, ce bouquin à la fois passionnant & amusant (à mon goût!) explore, documente et commente l’histoire d’une profession plutôt bizarre et finalement méconnue — où la fiction empiète constamment sur la réalité, les privés (réels) usant et abusant de la réputation flatteuse que leur métier a acquis en littérature ou au cinéma… Pseudos extravagants, mentors fictifs, réputations largement aidées par la « réclame », romans ou « mémoires » aidant à leur notoriété… Tous les moyens semblaient bon pour faire passer les détectives privés pour des héros de fiction policière…

J’ai lu cet essai pour un travail que je fais (des nouvelles policières), mais avec grand plaisir. Un sacré boulot de défrichage d’un domaine assez obscur, somme toute.

Maintenant, toujours en « non-fiction », j’avance tranquillement dans L’architecture du XXe siècle, par Peter Gössel & Gabriele Leuthäuser (chez Taschen). Un magnifique pavé, pas cher puisque chez Taschen, à jour puisque complété récemment pour boucler le siècle — et absolument fascinant, pour l’amateur d’architecture que je suis. Tout le siècle se déroule pas à pas, avec de très nombreuses photos, des plans, des tas d’explications… C’est génial, j’ai l’impression de tout comprendre! I like that! 😉

#120

Tiens, une expression que je ne connaissais pas: « comfort books » — Terri Windling en parle dans ses conseils de lectures du numéro de décembre/janvier du Endicott Studio, et Neil Gaiman en parle justement lui aussi, en rapport avec une série de petits articles sur le sujet, pondus par divers écrivains pour le Washington Post.

Bref: ainsi les anglophones nomment-ils, apparemment, ces bouquins que l’on adore & auxquels on revient régulièrement, et/ou que l’on lit lorsque l’on recherche un certain confort tranquille, une certaine sérénité de lecture — des sortes de « pantoufles culturelles », ai-je coutume de dire… 🙂

Et pour vous, que sont des « lectures pantoufles »? Pour moi, selon les époques, ce furent Le Seigneur des Anneaux (pas relu depuis longtemps, trop longtemps), toutes les enquêtes de l’Homme aux orchidées de Rex Stout (j’y reviens encore souvent), les romans ô combien lyriques & romantiques d’Elizabeth Goudge (hum, toujours pas lu ceux que j’ai acheté cette année, en anglais), les hilarantes aventures de Jeeves par P.G. Wodehouse…

Brrr, qu’ils sont tristes & respectables, la plupart des intervenants du Washington Post! Pas Neil Gaiman, of course (qui évoque un Zelazny et l’étrange recueil d’entretiens victoriens London Labour and the London Poor de Henry Mayhew, qu’il faudrait décidément que je lise — sur son weblog, il ajoute également à cette brève liste monsieur R.A. Lafferty). Mais la plupart des autres citent des auteurs terriblement Sérieux avec un grand S… Enfin, y’en a quand même une qui parle de mon cher Trollope…

Well, toujours est-il qu’en cette épuisante saison, je me livre moi aussi à des « lectures confortables », d’où les romans pour ado que je déguste en ce moment. Là, en plus du Mary Norton (Bedknob and Broomstick), je progresse aussi dans The Amazing Maurice and his Educated Rodents, un récent Terry Pratchett pour les mômes — très amusant, comme il se doit. Allez: j’y retourne.

#119

Hé, qui se souvient de Wil Wheaton?

Mais si: le gamin qui avait commencé dans le très beau film Stand By Me, et qui ensuite avait joué le rôle du jeune Wesley Crusher, dans la série Star Trek: the Next Generation — un personnage qui exaspérait au moins la moitié des fans! (not me!)

Un mien copain (j’évite de le dénoncer…) vient de tomber sur son site perso. Avec un weblog décontracté, débordant d’enthousiasme, politiquement engagé — le weblog d’un jeune homme d’aujourd’hui, presque ordinaire… à ceci de plus, tout de même, qu’il joue dans le prochain film de Star Trek! Sympa.

#118

Je sais bien que je ne poste pas trop souvent en ce moment — alors qu’auparavant je faisais en sorte de mettre une entrée par jour. Las, la période ne s’y prête pas… Vous ai-je déjà dit que je déteste Noël? 😉

Et ce jeudi est mon dernier jour de liberté avant le 25 décembre. Pff. Mon laconisme ne va donc pas s’améliorer…

Anyway, sans rapport, je viens enfin de m’établir une wish list sur Amazon.uk — ça faisait longtemps que je voulais le faire. On peut toujours rêver.

Sinon, j’ai essayé de lire Silver Cloud Café d’Alfredo Véa Jr., un roman de « réalisme magique » chaudement recommandé par Terri Windling. Longtemps que je voulais le lire. Il a été réédité il y a peu. Grosse déception: si les thèmes (un polar sur le meurtre atroce apparemment perpétré par deux anges) & les lieux (San Francisco, le quartier espagnol) me plaisent beaucoup, le style en revanche me rebutte carrément. Prétentieux, contourné, abusant du point de vue omniscient & du mélange de points de vue, c’est l’horreur, pas du tout à mon goût. Zut. Je ne sais pas si je vais le reprendre…

En tout cas, mon état de lassitude ne me pousse pas à de grosses lectures intellectuelles, en ce moment. Je suis donc à mi-parcours d’un bouquin pour ado, encore un. Bedknob and Broomstick de Mary Norton. Un classique anglais pour la jeunesse, datant des années 50 — Disney l’avait « adapté » sous le titre L’apprentie sorcière, avec Angela Lansbury. J’avais adoré ce film, étant petit — j’en avais même fait des rêves mémorables! Le roman est très amusant, totalement rétro, et terriblement british. Je doute que des ados d’aujourd’hui puissent vraiment l’apprécier, mais pour ma part, je savoure sa cocasse désuétude…

Je termine aussi la lecture de la plaquette La vie sexuelle d’Emmanuel Kant, prétendument par « Jean-Baptiste Botul », en fait Frédéric Pagès (chez Mille et une Nuits). Très marrant, une imposture canularesque & misogyne, prétexte à l’évocation de Kant, à un résumé impertinent de sa philosophie.