#248

Noté le mardi 4 juin:

Flûte, le ciel est tout blanc, un orage menace depuis l’Est. Moi qui espérais trouevr du beau temps pour une fois… En plus, ce fichu rhume des foin m’encombre les sinus & me comprime les tempes. J’ai fait une crise de rhume des foins si forte, la semaine dernière, que j’en ai eu de la fièvre & une crise d’angoisse, une nuit. Saloperie.

Discuté au petit déjeuner avec David, un jeune homme originaire de Hong Kong, qui fait ses études à Newcastle. De passage à Londres pour un jour seulement, il pars en vacances à Athènes. Sa copine, une grande gigue blonde au visage bête, m’ignore totalement, alors que c’est son compagnon qui a initié la conversation.

Then, a good stroll into the quiet of Finsbury : je pensais descendre plus ou moins directement sur St Paul, mais comme souvent je me suis laissé un peu dériver pour le plaisir d’explorer de belles rues que je ne connaissais pas, des panoramas urbains toujours tentateurs. Well, anyway, au bout d’un moment je quitte les rues arborées pour reprendre tout de même une direction sudiste, afin de dériver… dans Clerkenwell, cette fois. Le quartier change beaucoup & vite : c’est la next best thing en termes de mode & branchouille, ce qui signifie un mélange assez excitant de vieux entrepôts encore abandonnés & de designers buildings, ou les deux à la fois au gré des réhabilitations : beaucoup de façades sont vides, fenêtres donnant sur le ciel maintenues par des structures métallique, en attendant que les ouvriers viennent construire un nouvel immeuble derrière. Ou bien, c’est une « tranche » de façade qui semble avoir été proprement découpée, offrant au regard une étendue de verre vert & de câbles en métal, au centre d’une étendue d’anciennes briques. Sous une sculpture annonçant la Compagnie des Omnibus de Londres s’étalent des chaises design. Derrière des vitres habituées aux containers & aux cartons s’alignent des écrans d’ordinateurs.

Je rejoins le Smithfield Market, une immense barre victorienne qui abrite (encore de nos jours) les bouchers de Londres. La fête bat son plein : en l’honneur du Golden Jubilee des stands (tenus par des employés en uniforme traditionnel impeccable, rayé de bleu) proposent plein de victuailles ; et de l’autre côté de la grande arche une foule encore clairsemée contemple l’avancée du cortège royal sur un écran géant. La musique solennelle du couronnement d’Elizabeth résonne entre les façades, leur conférant une dignité toute neuve, emplissant cette petite place toute simple d’une pompe historique. La vieille dame, tout sourire & tailleur bleu clair, glisse le long d’une belle avenue à bord d’un carrosse doré.

Je fais un saut au Musée de Londres – tout en morceaux : le café, la boutique & le musée proper ne sont plus reliés, les travaux de rénovation ayant commencés.

Alors que je tente de rejoindre St Paul, je constate que j’avance à rebours de la foule qui commence à se faire importante. Bifurquant avant la cathédrale, je me retrouve (sans surprise) bloqué par les barricades du chemin de procession. Par chance, il y a justement là un passage souterrain permettant de traverser l’avenue. Et comme un miracle ne vient jamais seul, je découvre avec grand plaisir que… le Millenium Bridge est enfin ouvert !

Le contraire aurait certes été scandaleux, rapport au Jubilee, mais néanmoins, vu le temps qu’ils auront mis à enfin se décider à ouvrir ce pont piéton… Anyway, je l’emprunte le coeur léger, & avec moi une foule conséquente. Ah, je l’aurai attendu, ce pont ! Clairement, le Millenium Bridge est un événement majeur du Jubilee. L’ambiance est festive, bonne enfant. Je me demande fugitivement si les passerelles piétonnes d’Hungerford Bridge auront également été ouvertes pour le Jubilee, comme elles le devaient – mais les hasards de mon séjour ne me permettront pas de m’en rendre compte.

Je craignais que la foule soit aussi compacte au Tate Modern – mais ce n’est pas trop le cas, thank God. Et après une brève hésitation, je me décide à prendre un ticket pour l’expo Matisse/Picasso. Deux artistes que je n’apprécie pas plus que ça, en fait…. Mais des originaux, c’est toujours une révélation…

Then, another quiet stroll, along the Southbank towards the Design Museum. Du monde, toujours. Beaucoup de monde. Ce mardi est un dimanche. Je reste un long moment sur la pelouse au bas de Tower Bridge, a bouquiner & à me reposer. Je suis chassé par la lumière des projecteurs : derrière moi, une présentatrice TV s’apprête à faire son speech. Au Design Museum, que je connais déjà, je ne vais qu’à la boutique : ce sot d’Olivier a perdu (!) l’ouvre-boîte, et je me souviens d’en voir vu, très design, la dernière fois : soyons snob !

De retour à l’hôtel, j’hésite sur ma prochaine destination… Pour finalement opter pour un rapide tour de Whitechapel, sur les traces de Jack l’Eventreur. J’avais déjà effectué une telle visite il y a des années, mais de nuit avec un guide. De jour, il s’avère que c’est décidément toujours the horror : le quartier est terriblement dégradé, sale, mal famé… Sans rien de bien typique/esthétique, même dans le style « friche industrielle » que j’affectionne en général. Ce ne sont que vieux HLM minables & taudis sans âge, rien de réhabilitable, je comprends pourquoi la frénésie londonienne de rénovation n’a pas atteint ce quartier pourtant aux portes de la City.

Plutôt que de persévérer dans l’itinéraire soigneusement tracé par mon guide, je parcours vite le quartier de site en site (de Polly Nicholls à Mary Chapman !), avant de reprendre le cours de Whitechapel Road afin de regagner la civilisation… Au passage, je m’arrête à la Whitechapel Art Gallery – signalée sur tous les plans & même par un panneau sur le quai du métro. Bof : des installations en bois & plexiglas au rez-de-chaussée, pas vilain mais tout à fait anecdotique à mes yeux, tandis qu’aux étages se déroulent ces fichus diaporamas & bandes-son qui semblent décidément être aujourd’hui la toute dernière mode en matière de bluff artistico-branché (il y en a tout le temps au Tate Modern, aussi) – oui, je sais, je suis un vilain réac.

La ville passe rapidement du banlieusard en ruines à la luxueuse anarchie des grattes-ciel de la City. Étonnant comme la zone atroce de Whitechapel (plus moche de tous les quartiers pauvres que j’ai pu voir dans l’Eastend) est littéralement collée au quartier le plus huppé de la capitale. J’imagine que d’ici une dizaine d’années, les démolitions/redéveloppements commenceront leur attaque, comme pour le moment dans Clerkenwell – mais ce sera sur une base beaucoup moins riche, architecturalement parlant, et donc en fin de compte beaucoup plus difficile.

What else to do ? En ce doux début de soirée, je me rends à Piccadily. Dans le ciel blanc rugissent des avions, en l’honneur de la Reine. La foule se fige soudain, tout le monde ouvre une bouche stupéfaite, les mâchoires dégringolent au kilo : un monumental Concorde rase presque les toits, accompagné de six avions à réaction qui lâchent une grande traînée bleu-blanc-rouge !

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