#670

Vu hier soir un film incroyable: Spring and Chaos (Keni no Haru). Un dessin animé japonais long métrage (réalisé par Shoji Kawamori), d’une renversante poésie, adaptant… la vie de Kenji Miyazawa! Je savais déjà que le DA de chez Ghibli, Goshu le violoncelliste, était adapté d’une nouvelle de cet auteur, et qu’une autre était notamment à l’origine de l’inspiration de Miyazaki pour Mon voisin Totoro, mais de là à ce qu’on consacre tout un film à Miyazawa… Bonheur! Apparemment, il s’agit d’un téléfilm réalisé pour le centaine anniversaire de la naissance de Miyazawa, et il aurait parfois été diffusé en france sous le titre du Printemps de Kenji. Comme dans les contes pour enfants de Miyazawa, le téléfilm met en scène des chats au lieu d’avoir des personnages à figure humaine.

Je n’ai encore lu qu’un unique recueil de Miyazawa, mais suis déjà tombé sous le charme étrange de ses contes, un merveilleux que l’on pourrait qualifier de fantasy japonaise — n’en déplaise à cette fichue Encyclopedia of fantasy (bourrée de défauts) qui, avec son point de vue bien anglo-saxon et trop ghetto, ne cite même pas Miyazawa dans son entrée « Japan ».

Kenji Miyazawa (1896-1933) est l’un des plus grands écrivains japonais de ce siècle. Il renouvela en profondeur la poétique japonaise, créa un vocabulaire entièrement nouveau, utilisant à merveille rythmes et sonorités. Il met en scènes hommes et bêtes, êtres célestes ou pierres et mousses : il nous projette dans l’univers de l’enfance, où l’invisible et le visible se rejoignent, au bord du merveilleux. Miyazawa écrit ses contes dans les années vingt ou trente, à une époque où il se passionnait pour l’astrologie et la cosmologie. Ainsi Le train de la voie lactée , récit qui se déroule pendant la nuit de la fête du Centaure, égare le lecteur dans un monde où le réel se dissout, un monde merveilleux, un monde féerique. Il vécut à Hanamaki, dans le nord du Japon. Ingénieur agricole, il consacra sa vie à l’amélioration des conditions de vie des paysans. Esprit très ouvert, il s’intéressa à la science, aux religions, à la musique. Ce fut un génie solitaire, épris d’absolu : fervent bouddhiste, il concevait la littérature comme une mission. Son oeuvre, quoique inclassable, fait désormais partie des classiques.

Il faurt maintenant que je mette la main sur Ginga Tetsudo no Yoru, un autre long métrage adapté de Miyazawa.

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