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>> Paris Sibérie (2)

La nuit en revanche, la ville pulse, d’une apparence bien plus vivante vue du onzième étage que sous son aspect calcifié du jour. La nuit, les rues principales sont des traits de lave, l’orangé des éclairages publics leur confère une sorte de vie autonome, comme des artères dans lesquelles coulerait l’énergie de la cité, brillante, jamais immobile. Ailleurs, cette vie participe du balayage lumineux d’une façade, de l’étincelle d’une lampe derrière une vitre lointaine, du Sacré Coeur que nimbe une lueur tremblante, du feu aveuglant d’un lampadaire isolé, du rouge vibrant d’une enseigne, du bleu tranchant d’un néon.

Le jour, ce rythme urbain se réduit au désordre des rectangles de fenêtres, et à l’ovale des paraboles. Rectangle, ovale, rectangle, ovale: il s’agit d’une autre musique, minérale et sèche, la partition des angles et des éclats, tandis que la nuit vibre d’ombres et de lumières.

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