#866

Lu: Galveston de Sean Stewart.

L’île de Galveston, dans le golfe du Mexique, a toujours été gouvernée par le même petit groupe de familles aisées, l’équivalent étasunien de l’aristocratie. En 1900, l’île a déjà été rasée une première fois, complètement dévastée, et ce sont les Gardner, Denton et autres Ford qui rebâtirent la petite ville tout en s’emparant du pouvoir — repensant à cette période, un personnage du roman parle d’un « coup d’état sans violence digne d’une république bananière ».

Un autre cataclysme s’est abattu sur Galveston en 2004, d’une ampleur non moins dévastatrice mais beaucoup plus subtile et effrayante: la magie est revenue.

Du jour au lendemain, les fantasmes humains ont pris corps, les cauchemars et les rêves sont devenus réalité, d’anciennes croyances sont réapparuers, et avec elles leur cortège de créatures et de dieux. Apparemment, cette resurgence de la magie est arrivée dans le monde entier, détruisant la civilisation technologique érigée par l’homme depuis la fin du XIXe siècle. Sur Galveston, ce retour des puissances magiques a tué la majeure partie de la population (croyant devenir fous, beaucoup se sont suicidés, d’autres ont été victimes des monstres nés de l’imaginaire humain, d’autres encore se sont perdus dans la magie et se sont transformés en créatures hybrides…), mais deux femmes ont jugulé l’événement, deux soeurs de la famille Gardner. Jane a pris les rènes du gouvernement de l’île, tandis qu’Odessa devenue sorcière prenait en charge la tâche de contenir la magie dans une réalité alternative.

L’irruption magique a eu lieu dans la nuit de Mardi-Gras, en plein carnaval — et ce carnavalk n’a plus jamais cessé. Dans le Galveston parallèle, la fête bat toujorus son plein et cette nuit ne finit jamais. Un dieu est apparu, Momus, qui dirige cette poche d’univers qui, de la plage (porte d’accès entre les deux réalités), déborde sur toute l’île. Humains transformés, fantasmes, anciennes créatures et fantômes se mêlent dans la fête foraine sans fin. Mais Odessa se charge également de trier le bon grain de l’ivraie: chaque fois qu’un habitant du Galveston « sain » présente le moindre début de symptome de contamination par la magie (talent aprticulier, par exemple), elle en fait une poupée et précipite sa mort — ou bien, son exil dans le carnaval.

Quant au gouvernement civil de Jane Gardner, ile st organsié en sociétés du carnaval, les « krewe », dont l’une est d’ailleurs fortement teintée pazr l’esprit du chaos magique. L’île survit, fabrique ses propres biens, rationne les dernières denrées et artefacts industriels de l’époque rpécédente, organsie quelques échanegs prudents avec d’autres communautés étant parvenus, sur le continent, à s’organsier pour survivre Mais Jane Gardner est en train de mourir et des changements approchent, l’équilibre de l’île va changer, car l’héritière des Gardner, Sloane, est une jeune fille effacée, peu certaine du rôle qu’elle doit jouer… Et lorsqu’elle décide de se rendre sur la plage, afin de plaider auprès du dieu lunaire Momus la survie de sa mère, elle provoque des troubles, dérange l’ordre établi…

Superbement écrit (quoique de manière beaucou plus classique que certains autres ouvrages de Stewart), ce roman mêle à la fois la vieille thématique survivaliste américaine (sauf qu’à l’inverse d’un S.M. Stirling, par exemple, il est nettement de gauche et utilise la métaphore de son récit pour décrire les injustices et inégalités sociales du système WASP), avec un sens du détail et une astuce pratique sans faille; la fantasy (retour de la magie, émerveillement) et le fanatstique (fête foraine inquiétante, troubles de la eprception, monstres de la nuit). Les personnages sont formidablement bien campés, les décors emplis de sons, de senteurs et de couleurs, l’intrigue originale et séduisante, comme une sorte de mélange entre Bradbury, Barker et De Lint… Un ouvrage de réalisme magique – littéralement.

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