#1356



Deux jours à Paris. Dîner avec Jean, Anthony et Daylon — ce dernier nous a éclairé sur ses goûts musicaux: « C’est bien, tout le groupe joue faux en même temps. » Réunion représ pour les Moutons électriques. Concert de Noël de Marillion à l’Élysée-Montmartre: 3h de pur bonheur. Vraiment mon Noël (avec même la neige à la fin et h en costume…). Un grand morceau de « Brave », « Fruit of the Wild Rose », « Ocean Cloud », « Neverland »…

Chaïm Soutine: Jean m’a convaincu, sans grande difficulté, que je devais aller voir l’expo Soutine à la Pinacothèque. Je n’étais pas certain d’apprécier mais cela m’intéressais, puisque je ne connaissais pas vraiment. Et je fus captivé, contrairement à l’expo Holder d’Orsay, plaisante mais sans émoi, et à celle d’Arcimboldo au Luxembourg, art de courtisan, amusant et virtuose mais anecdotique. D’une expo de peinture, je recherche surtout un plaisir, une émotion bien particulière. En un sens, je me sers des tableaux dans un but égoïste, pour une jouissance esthétique privée, cette sorte de vibration sereine. Et je l’ai ressentit dès mes premiers pas devant les toiles de Soutine, pourtant torturées, aux couleurs violentes. Ses maisons bancales de zone péri-urbaine: j’aime! Et tout le reste, ensuite. La touche et le trait épais. Ces rouges et ces verts, ensemble. Tordu, bousculé, chaviré et fièvreux: « Chaque pas accuse la tentative douloureuse du rééquilibrage ». Tout est houleux et tendu, dans ces rectanges arrachés pour une fois à autant de collections privées.

Au RER Luxembourg, le monumental accrochage dans la station me fascine infiniment plus que la poignée de portraits fruitiers d’Arcimboldo chèrement monnayée par le Sénat. Des montages photos de Mariella Sola et Romain Osi, sur le thème des villes invisibles d’Italo Calvino. Poésie urbaine en format panoramique. Saississant.

« Mais la ville ne dit pas son passé, elle le possède pareil aux lignes d’une main, inscrit au coin des rues. » (Calvino)

4 réflexions sur « #1356 »

  1. oui moi j’ai énormément aimé Arcimboldo (bien plus que Soutine!) parce que j’ai été frappé par son hyper-réalisme, son inventivité, sa précision au service d’images fantastiques, son interêt pour la nature et pour les sciences naturelles (nouveau pour l’époque), tout ça me parle et m’intéresse.

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