#1501

Troisième jour parisien, demain après-midi je poursuis ma route vers Liévin (conférence en bibliothèque, sur l’histoire de la fantasy), via Lille bien sûr.

Après-midi libre aujourd’hui: j’ai donc utilisé mes deux derniers billets gratuits du Musée d’Orsay pour aller me promener, une fois de plus, dans ce palais des merveilles, en compagnie de mon ex coloc / ex gérant des Moutons. Et j’ai beau explorer le Musée d’Orsay presque à chacun de mes passages lutéciens, c’est sidérant j’y découvre encore de nouvelles choses. Sans parler de celles que je redécouvre. Un petit tableau d’Alger noyé de lumière ; une immense toile symboliste hallucinante de couleurs, « Le chevalier aux fleurs », à ce point mièvre qu’il en devient génial, une vision psychédélique ; les plaques en zinc du théâtre d’ombre du Chat noir (avec, ah ah, Barrès et Mauras, en compagnie de Sardou !) ; Tim Burton est un petit joueur à comparer avec les décors découpés de Morin ; revoir « en vrai » le Vlaminck dont j’ai une repro dans le salon ; et la scène nocturne de Winslow Homer ; et le mobilier Art nouveau… bref, je ne m’en lasse pas. Quant à la petite expo d’aquarelles, très belle révélation le trait d’Eugène Boudin, quasi cubiste ; et un Jonkind noyé de bleu(s). Ces croquis, ces esquisses, font de formidables oeuvres en elles-mêmes, nettement plus personnelles et originales, en réalité, que les tableaux achevés. Tout à fait comme avec les préparations de Turner, l’oeil (post-) moderne interprète ce qui n’était censé être que vite jeté, inachevé, comme des créations fascinantes et toujours d’actualité, presque d’avant-garde encore. Seule l’idéologie d’une époque empêchait Boudin ou Jonkind de donner libre cours à si expressif et personnel style.

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