#1945

Fin de cette période de boulot-maquettes-débordé-urgent. Ouf, je respire de nouveau, et ai pris pour la peine deux journées de repos. Du coup, boulimie de lecture — Death Most Definite de Trent Jamieson, du néo-pulp comme Orbit en a le secret (une Autralie où la Mort est gérée par une société privée), et commencé Ghosts of Manhattan de George Mann, également néo-pulpeux en diable puisque c’est une histoire à la Shadow. Et puis sinon, plein de bédés. je n’en parle pas spécialement ici, mais en fait je suis resté gravement accro aux bédés depuis que, dans une existence précédente, j’ai été vendeur en librairie.

Je viens donc de dévorer la grosse reliure du Attila de Derib et Cie (chez Dupuis Patrimoine, une collection de plus en plus belle, où j’ai également apprécié les deux volumes de Jerry Spring dans un noir et blanc absolument somptueux, et dont je me demande bien quelles autres perles de l’école de Charleroi ils vont bien nous proposer l’an prochain). Je n’avais jamais relu les Attila depuis mon adolescence, les ai retrouvés avec plaisir. Goût d’inachevé comme le dit l’excellente préface, d’autant que le quatrième volume est bâclé — dessin relâché, décors inexistants, scénario mal fichu… Dommage, mais le reste constitue tout de même un apport sympathique au corpus de la bédé à la Dupuis, tout aussi réjouissant que les Tif & Tondu du même Rosy.

Lu ensuite, fort différente, l’intégrale de la Brigade chimérique. J’avais lu les quatre premiers puis, n’ayant pas trouvé le cinquième (les bédés de l’Atalante ne sont pas idéalement distribuées), j’ai finalement attendu la parution du sixième et dernier tome pour tout relire d’un bloc. Et c’est remarquable, à la fois prenant et touchant, une exploration du mythe super-héroïque dans son versant européen — délice de croiser non seulement tous ces héros de la littérature populaire, mais aussi Breton, Daumal, Kafka, Maurice Renard ou Régis Messac… Avec un matériau a priori assez « pointu », Serge Lehman et Fabrice Colin, sur des dessins de Gess (d’une qualité irrégulière mais néanmoins intéressants), parviennent à captiver tout autant qu’Alan Moore dans sa Ligue des Gentlemen Extraordinaires — et avec plus de force, je trouve, car si Moore demeure toujours primesautier et finalement assez potache, Lehman et Colin tiennent un propos sérieux, profond, qui touche au pouvoir des mythes et à l’imaginaire collectif. La fin est rien moins que magistrale, dans son retournement de paradigme. Tout ceci est dans un esprit cousin de celui de la Bibliothèque rouge et d’une antho que je viens de mettre en route avec mon complice le professeur Mauméjean, cela ne peut donc que m’enchanter, faire pétiller mes neurones.

2 réflexions sur « #1945 »

  1. Oh… une antho sur les héros des littératures populaires ?

    Sur le modèle de ce que fait Jean-Marc Lofficier dans ses « Compagnons de l'Ombre » chez Black Coat Press / Rivière Blanche ?

    D'ailleurs le professeur X a déjà écrit quelques nouvelles pour cette série.

    Erispoe

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