#2073

Arsène Lupin, une vie – work in progress.

(…) Arsène Lupin approche alors de la cinquantaine. Sa taille mince, son pas élastique dénotent qu’il est en pleine forme physique. Toujours obsédé par la peur de vieillir, notre Lupin, en victime typique du syndrome de Peter Pan, prétend même que, vu de dos ou de loin, il est en « droit de protester contre toute évaluation qui lui eût attribué plus de vingt-cinq ans. […] et encore, que d’adolescents pourraient me porter envie ! » Le diable d’homme mène encore et toujours plusieurs existences de front, sous de « simples et modestes noms de bonne petite noblesse de province, que reliait les uns aux autres ce même prénom de Raoul. » Il est donc Raoul de Limézy, d’Avenac, d’Enneris ou d’Averny. La vie mondaine a changé, les temps ont changés : la grande époque de Lupin, c’était avant-guerre. Se sent-il un peu dépassé ? Maurice Leblanc, lui, s’est retiré modestement, à Étretat. Paris a beaucoup changé. On ne donne plus de ces grands bals extravagants du temps de Boni de Castellane et de Pierre Loti, on se montre plutôt au théâtre, à l’opéra, et surtout l’on va dans les grands restaurants.
Il y a encore quelques salons mondains, les derniers, mais ce ne sont plus ceux que Lupin connaissait si bien autrefois. L’un de ces salons est celui de Mme du Retail, au 2 de la rue Vineuse, dans le 16ème arrondissement. Lucie Dalloux, épouse Boutilier du Retail (1886-1968), reçoit en compagnie de son mari Armand de nombreuses personnalités des arts et lettres : citons Maurice Constantin-Weyer, Gérard-Gailly, Maurice Bedel, Claude Aveline, l’acteur Henri Crémieux, et puis, c’est là que nous rejoignons notre sujet lupinesque, le dramaturge Francis de Croisset. Lupin le croisa-t-il, fréquenta-t-il le salon de la rue Vineuse ? Depuis la mort de Gaston Arman de Caillavet, Francis de Croisset est entré en partenariat littéraire avec Robert de Flers, ces trois noms représentent la fine fleur du Boulevard. Francis de Croisset ne tient pas en place, il ne cesse de voyager à travers le monde. Cependant que son étoile pâlit peu à peu, celles d’autres mondains à la vanité non moins éclatante va la remplacer : Sacha Guitry et Jean Cocteau.
À l’instar de Lupin, Francis de Croisset aussi représente en quelque sorte un monde qui est en train de s’achever : Marcel Proust s’éteint le 18 novembre 1922, alors que À la recherche du temps perdu n’est pas fini de publier ; la nuit de sa mort, il a été veillé par ses amis : Reynaldo Hahn, Paul Morand, Gaston Gallimard et quelques autres. On fait venir le peintre Dunoyer de Segonzac, qui s’installe dans un coin et dessine à l’encre de chine le portrait de l’écrivain sur son lit de mort. « La famille, les relations, tout le monde défile et reçoit devant le lit de l’écrivain. La chambre mortuaire est un salon, à l’image de sa vie. » Jean Cocteau arrive, il parle avec Gallimard de son prochain livre, Thomas l’imposteur, que l’éditeur retient aussitôt : très symbolique passation d’époque.
Ernest W. Hornung, l’agent littéraire de Raffles, décède à Saint-Jean-de-Luz le 22 mars 1921 ; Sarah Bernhardt disparaît le 26 mars 1923 ; Aristide Bruant le 11 février 1925 ; Gaston Leroux, l’agent littéraire de Rouletabille, meurt à Nice le 15 avril 1927 ; et Robert de Flers à Vittel le 30 juillet 1927. Avec toutes ces personnalités, ce sont les derniers feux de la Belle Époque qui s’éteignent. (…)

2 réflexions sur « #2073 »

  1. Bonjour!

    Je n'ai pas encore lu vos livre, mais quand même j'aimerais communiquer avec vous.

    Vous aimez la fiction, mais si la fiction était plus proche de la réalité que vous ne le pensiez? Allez lire ceci, vous serez certainement plus inspiré encore: http://www.shaman-australis.com/~claude/dreams.html

    J'espère que vous savez lire l'anglais sinon faite-le vous traduire car vous n'avez sans doute jamais lu ça, c'est unique.

    Aussi, à propos de sherlock holmes une vie, je me demande si vous avez pensé au « chamanisme occidental »? Bien que de ce point de vu watson et holmes seraient deux entités d'une seule et même personne.

    Je vous laisse sur ceci: plusieurs personnes sont et étaient Sherlock holmes dans la réalité Reserch : Several people are (and was) Sherlock Holmes in reality : look at their common points

    –»Study their biography, they all have these common points :

    To Sherlock Holmes, it’s criminology.

    –»they are so conscious of reality they can not lie to themself, they accept their death as naturally as their life

    They died : To Nietzche, i twas philosophy and poetry. To Mozart and Jimi Hendrix and John Lennon, it was music. To Claude Rifat, i twas conscious dreams. To Henry Blake, i twas horses. To Mother Theresa,itwas love, to Jesus too. To Vincent Van Gogh, i twas peint.

    –»they live intensely « me-here-right now », never let others control their mind. And they have so much to give.

    They are alive : To Shaun Ellis and Helen Jeffs, it’s wolves. To Lydia Renoir (alias Johanne Verdon) it’s novels and she’s also a naturopathe clinician. To Patch Adams, it’s medecine. To Michel Lauzière, it’s creation of musical instruments. To Jill Pruetz, it’s primatology. To Lynn V Andrews, it’s Amerindian shamanism.

    –»People think it’s genius or exceptionnal. But we all can do what they do if we become aware that’s worth fighting for.

  2. Pour les gens qui s'intéresse à ces personnages hors du commun et qui s'apprête à lire mettons: « sherlock holmes une vie », vous serez peut-être intéresser à lire ceci d'abord:
    Pour mieux connaître sherlock holmes, voir la démystification originale de la surdouance sur ce site zebrette (http://leblogdelazebrette.blogspirit.com/archive/2010/03/09/douance-et-chamanisme.html?c), ensuite après avoir lu cette étude peut-être trouverez-vous de la crédibilité à cette comparaison:

    Plusieurs personnes sont (et ont été) sherlcok holmes dans la vrai vie. Voyez leurs points communs :
    Étudiez leur biographie, ils ont tous ces points communs :

    — »ils sont trop conscients de la réalité pour se mentir à eux-mêmes, ils acceptent la possibilité de mourir d’un jour à l’autre sans que ça ne les empêchent de bien vivre

    — »ils vivent intensément « moi-ici-maintenant », ne laissent jamais les autres leurs dicter quoi penser, et ils ont tant à donner.

    — »Les gens pensent que c’est du génie ou de la surdouance, mais tout le monde peut faire ce qu’ils font, à condition que le monde trouve que ça vaut la peine de travailler pour se dépasser soi-même et être en contact avec le monde en passant par en-dedans de soi-même.

    Pour sherlock holmes, c’était la criminologie.

    Ils sont morts : Pour Nietzche, c’était la philosophie et la poésie. Pour Mozart et Jimi Hendrix et John Lennon, c’était la musique. Pour Claude Rifat, c’était les rêves conscients. Pour Henry Blake, c’était les chevaux. Pour Mère Theresa, c’était l’amour, pour Jesus aussi. Pour Vincent Van Gogh, c’était la peinture.

    Ils vivent encore : Pour Shaun Ellis et Helen Jeffs, ce sont les loups. Pour Lydia Renoir (alias Johanne Verdon) ce sont les romans et elle est aussi une clinicienne naturopathe. Pour Patch Adams, c’est la médecine. Pour Michel Lauzière, c’est la création d’instruments de musique avec des moyens impensés. Pour Jill Pruetz, c’est la primatologie. pour Lynn V Andrews, c’est le chamanisme amérindien.

    On pourrait peut-être même s'entendre pour dire que ce sont des chamans occidentaux complets.
    Peut-être me trompe-je pour certaines personnes nommées surtout celles qui sont encore vivantes… elles seules le savent.

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