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Je confiais il y a peu que l’un de mes « péchés mignons » de lecture est le roman policier de l’âge d’or, principalement l’entre-deux guerres. Un autre de mes péchés de lecture, de mes « marottes » si vous préférez, est la biographie, la bonne grosse bio épaisse, de préférence bien sûr d’un écrivain, et même si possible d’un écrivain de polar, de fantastique ou de merveilleux…

J’ai l’impression que la bio d’artiste est un genre littéraire plus développé outre-Manche qu’ici, même si un Assouline s’en est fait chez nous une belle spécialité et que, tout de même, la bio de Camus par Olivier Todd est la plus épaisse qui fasse ployer mes étagères. Il y a maintenant longtemps que j’en lis, de ces énormes bio, car c’est le sieur P. M. qui le premier m’avait suggéré dans le temps d’en lire une, celle de T. H. White par Sylvia Towsend Warner — j’en profita d’ailleurs pour découvrir alors l’œuvre de la dame, nouvelliste à la grâce fragile et pour moi très précieuse. Dans la foulée, si mes souvenirs sont bons (et personne n’ira me contredire s’ils ne le sont pas), j’avais lu deux minces bio de Tolkien et de Lewis — je suis d’ailleurs très surpris que personne, depuis, n’ait encore livré une biographie vraiment développée de ce cher JRR, apparemment. Je découvris la passion bien anglophile d’André Maurois pour l’art de la bio — Shelley, les Dumas, Disraeli, pas encore lu son Chateaubriand ni son Byron —, Assouline donc — Hergé, Simenon, Gallimard — et puis en anglais : des vies de AA Milne, Frances Hodgson Burnett, Wordsworth & Coleridge, Kipling, Ruskin, puis avec les travaux en prélude du Panorama je plongeais dans les bios d’Andersen, Peake, Rossetti, Barrie, Shepard…

J’ai également eu l’occasion de faire se rencontrer mes deux péchés, avec des bio d’Agatha Christie, de Conan Doyle, de Rex Stout et de Dorothy Sayers… Et ces dernières semaines, j’ai lentement dégusté un livre récent que l’on croirait fait tout exprès pour moi : The Golden Age of Murder de Martin Edwards. À la fois étude et bio sur la vie, les sources, le contexte et l’œuvre des écrivains policiers membres entre les deux guerres du fameux Detection Club de Londres. Je ne pensais pas lire un jour un essai aussi complet sur ces noms du polar Golden Age pour moi synonymes d’heures de lecture réjouie, tels Wade, Rhodes, Connington, Punshon, Kennedy, Berkeley, Knox, Whitechurch, Woodthorpe, et bien sûr Sayers, Allingham… Et de pousser l’amour du genre jusqu’à évoquer tant d’autres de ces petits joyaux oubliés du roman policier, les crimes réels les ayant souvent inspirés,  la vie du club, les secrets enfouis sous les exigences de la vie sociale du temps… Un portrait de groupe, fouillé et passionnant, l’instantané d’une époque qui me fascine et de créateurs généralement humbles mais, selon moi, essentiels. Du plaisir intellectuel, grand.

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