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De l’autre côté de la fenêtre, les têtes blanches et roses des azalées oscillent dans le vent, les branches du bambou battent comme des bras et le mimosa hoche de toutes ses minuscules fleurs jaunes. Bordeaux pour moi a un goût d’enfance. Le mimosa demeure attaché dans mon souvenir à ceux qui, grands bosquets, tenaient la garde auprès du puits, à la Devinière, la maison familiale en Bretagne (celle qui se trouve en photo sur mon bandeau). Sur le marché, je peux acheter des Sainte-Maure, buches de fromage de chèvre à la tourangelle, comme l’on en mange chez mes parents. Sur le marché également, de l’autre côté de la barrière de Bègles chaque mercredi, s’installe la marchande d’une boucherie chevaline. Une telle boutique se tenait voisine de celle de mon grand-père, pour moi la viande de cheval est la meilleure. Et désormais, je peux donc inscrire les délices du steak haché cru et du saucisson fumé de cheval à mon menu, dans mon quotidien. Les voix, aussi : monsieur Mollat parle avec l’accent de mon parrain, ma propriétaire avec celui d’une cousine de mon père. Adulte, je suis en pays de jeunesse.

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