#2752

Il y a 5 ans jour pour jour je notais « First night in Bordeaux. Ouf, rompu par les presque 7h de voyage, après tout le reste. To sleep perchance to dream et toutes ces sortes de choses… » Eh oui, j’ai 5 ans. 5 ans de Bordeaux.

#2737

Lorsque j’ai habité à Bordeaux pour la première fois, au milieu des maintenant lointaines années 1980, il s’agissait d’une ville sombre, aux façades toutes enduites de suie noire. Maintenant elle a presque partout retrouvée la blondeur de sa pierre, enfin nettoyée, mais il subsiste çà et là des poches de « mon » Bordeaux brun, et en bas du cours Victor-Hugo les façades alternent d’amusante façon entre une époque et une autre.

#2735

Eh bien oui, je l’avoue, toute honte bue : je n’étais toujours pas allé voir la soucoupe volante de Bacalan. Ayant besoin de faire un break (franchement je suis crevé, ça ne va plus, je vais profiter de la trêve des confiseurs pour essayer de souffler un peu), aujourd’hui j’ai été faire une looongue promenade dans Bordeaux, jusqu’aux bassins à flot, et voilà, l’ovni fut vu.

#2732

Après une mauvaise nuit peuplée de cauchemars confus et de chats ronronnant, j’avais titubé hors de mon lit en me jurant qu’aujourd’hui il ne serait pas question de se rendre à la brocante. Et puis j’ai ouvert les volets sur le soleil d’or et le bleu frémissant d’un dimanche au bord de la froidure hivernale et, comme machinalement, je suis sorti, mes pas allégés par le poudroiement de la lumière. Et brocante ce fut donc, plutôt orientée « cape et épée » avec quelques jolis Paul Féval et Amédée Achard, et puis ce recueil de six nouvelles policières de Jean Giono que j’espérais dénicher depuis longtemps. Lent retour, les rails du tram brillaient sur les quais silencieux, les feuilles mortes craquaient sur les trottoirs, et fourbu je regagnai mes pénates. Une journée à écouter du Joni Mitchell sans bouger du fauteuil orange contre la fenêtre du jardin, en sirotant un thé fumé.

#2719

Lorsqu’il ne pleut point et que je ne suis pas en déplacement çà ou là, j’aime bien venir en matinée du dimanche flâner à la brocante Saint-Michel et au marché des Capucins, je ne m’en lasse pas, chiner deux-trois bouquins, choisir des légumes et quelques fromages, entendre parler bordeluche, arabe, espagnol, portugais, anglais et même allemand ce matin, entre les vieilles façades crayeuses et sous la flèche, le désordre populaire, saint-Mich et les Capu, l’accordéon d’un vieux Beur et les gens aux terrasses de bistrots, sous le ciel ample.