#2593

Rentrant ce soir d’un chouette petit concert (du groupe où joue mon excellent camarade Laurent Queyssi) j’ai loupé le bus que j’espérais prendre et, remontant à pied, ai entendu dans le ciel nocturne passer les trompettes d’un vol de grues. Depuis quatre ans que je vis dans cette douceur d’Atlantique, je suis toujours surpris (agréablement) par de tels aspects encore un peu… exotiques, pour moi.

#2587

Descendant tout à l’heure vers la gare (je vais passer le week-end chez mon excellent camarade Pagel), j’ai fait l’expérience d’un trouble de la réalité : un panneau routier annonçant, tout près de chez moi, un temple bouddhiste ? Et je n’avais jamais vu ça ? Bon, un peu plus loin deux autres panneaux me rassurèrent quant à leur aspect flambant neuf, mais tout de même : les nouvelles sur lesquelles je (re) travaille en ce moment se déroulent dans une uchronie où le bouddhisme est la religion d’État, et j’en débute une qui serait à Bordeaux… Et du coup, j’ai guetté le long de ce chemin connu par cœur d’autres signes jamais observés. J’ai donc découvert une grosse poule blanche, qui grattait la terre sous un buisson, dans un jardinet ; et un portillon ouvrant sur un sentier, marqué « ter » et « quarter » sur la boite à lettres.

L’image contient peut-être : plein air

#2585

L’averse passée, Saint Michel luit, glisse, perle et dégouttelle… Fatras hebdomadaire, rituels, quotidienneté apaisée. Les voyages en Orient de Nerval, un pot en verre, une chayotte, des piments, des patates nouvelles, un Sainte-Maure, deux baguettes… La ville brille, les quais repeints de frais sous un ciel à la Sisley, avant l’averse suivante.

#2584

Une brume nimbait l’air nocturne d’un mince voile, d’un trouble, lorsque je suis sorti ce soir, un tulle qu’irisaient les lampadaires et que perçait la pleine lune. Un phare bleu fumait dans le lointain de la géométrie des caténaires. Quelques pas lents par les rues calmes, et des lueurs, des étincelles, saisies fugitivement par des fenêtres — le sweet home de l’un est toujours le mystère de l’autre.

#2578

Bien plus que des trouvailles à dire vrai assez maigres, si je vais presque chaque dimanche à la brocante de Saint Michel c’est pour son ambiance, sa beauté bordélique, tout ce réjouissant foutoir déversé au pied de la flèche gothique, d’où naissent tant de visions incongrues – cette sculpture en bois qui arrondit les bras sur fond de ciel noir, ce matin, ou bien cette vareuse de marin accrochée à un perroquet comme une métaphore de pirate, ou cet immense tableau multicolore représentant Elizabeth première adossé aux grilles sombres de la basilique. So weird, so random.