#3052

Il y a plein de villes d’une grande beauté, assurément, mais celle-ci est mienne, ainsi en ai-je décidé de très longue date, et sa séduction pérenne : je ne cesse de me dire « que cette ville est belle », que cela soit dans mes simples tours vespéraux ou en débarquant le samedi matin place Stalingrad, en filant par les petites rues du quartier saint-Pierre pour me rendre chez mon dealer de bédé ou en remontant la grande allée de chez mon parrain… et n’est-ce pas une bonne chose, que d’apprécier son environnement ? Ce matin les rues embaumaient toujours le jasmin et le chèvrefeuille, et ce soir assis au sein des bosquets de millepertuis j’écoute les grillons.

#3005

Nous avons l’habitude de ne pas les voir, notre vision ordinaire occultant ces éléments inesthétiques mais relativement fins… Mais dès lors que le jeu des nuages ou un hasard d’observation remet en avant les fils du téléphone, ceux des câbles et autres fatras électriques, sans compter les antennes de la télévision hertzienne… bon sang que tout cela est vilain, minable et mal fichu ! Le maire Juppé avait obtenu le développement de tramways sans caténaires mais jamais personne n’a régulé le désordre de tous ces fils qui tissent un réseau désordonné et brouillon au-dessus des rues, sur les façades et au bord des toitures.

#3004

« Brillant comme un sou neuf », est-ce que cela se dit encore? C’est l’expression à laquelle j’ai songé en sortant ce matin, dans une ville ripolinée de pluie sous un soleil éblouissant malgré la montagne de nuages. « Rutilante » ne doit pas s’utiliser mal t’a propos comme c’est devenu courant, les rues n’affichant rien de rouge mais plutôt le vert des voies du tram, le bleu du ciel reflété dans l’éclat des flaques et le blond des façades rénovées. Je m’en réjouis chaque fois, jamais tout à fait habitué à ces pierres si propres, moi l’enfant du Bordeaux noir des années 1980, quand la ville se maquillait de suie comme les garçons d’alors mettaient du khôl à leurs yeux. Entre deux averses, la ville est neuve.

#2997

Brève escapade ce midi pour respirer : une balade rive droite jusqu’à Pola, pour aller déjeuner au bureau de mon camarade David, éditeur à l’enseigne de l’Arbre vengeur. Bord de Garonne et ragondin familier (voilà qui est autrement plus original, comme animal d’éditeur, qu’avoir des chats), respiration en effet.