#2574

(Notes) Sur le boulevard, les arbres gesticulent, piaillent, trillent et s’agitent des petites flèches noires qui, en retard, les rejoignent vivement.

Dans le ciel, les stratocumulus dessinent une nappe moutonneuse en ligne de fuite. Une lune supplémentaire, accrochée sous le cul d’une grue de chantier, s’épanouie auprès du bloc de béton.

Les vélos filent en rangs rapprochés : grincements circulaires et de guingois.

Au rose crépusculaire succède subreptice l’orangé de la vapeur de sodium, qui poudroie là-bas et grime les façades sous l’ombre tombée.

#2567

Mon menu lopin sous le haut mur ne l’a pas encore vraiment réalisé mais la saison rousse est bien là, pour ma part je l’ai compris ce soir. Sous un ciel déjà outremer lorsque sonnent les 20 heures, les têtes orangées emmanchées au bout d’un long cou s’allument timidement, hésitantes, brouillant les ombres. Elles accentuent la teinte automnale qui s’est emparée de la petite place pas loin de chez moi, celle qu’enserrent les grises maisons de cheminots, d’un côté, et les blancs pavillons sixties, de l’autre. Un brin de vent fait crisser les feuillages et lève une senteur sèche, alors que pourtant d’intermittentes averses ont martelé tout le jour. Le sol se jonche de boucles rousses, les tilleuls entament leur calvitie hivernale.

#2599

Last night, the sounds of the city seemed altered. I could hear the distant hum of traffic on the boulevard, the clatter of trains rumbling past, the intermittent backdrop of sirens wailing, sometimes the buzz of a passing bike, but it was as if these sounds were coming from another place altogether, or rather, as if this whole quiet throbbing was the breath of the metropolis. I like it when I can listen to this urban breathing, rather than having my bedroom window completely shut. An envelopping presence, soothing.

(tentative de rédaction d’un court texte en anglais, simplement pour essayer)

#2588

En m’installant à Bordeaux il y a quelques années, j’avais plein d’envies, notamment la résolution de faire la connaissance de certaines personnes — mes « people » à moi, on va dire. Eh bien, c’est fait. Je reviens d’une journée chez un grand monsieur des lettres, un écrivain que j’admire de très longue date. Mode groupie on. Heureux je suis (et un peu ému, aussi).