#2495

Terminant un gros article sur l’illustrateur Edmund Dulac, je déniche une anecdote amusante : en mars 1917, il est mandaté par le Ghost Club, un groupe qui étudie les phénomènes parapsychologiques. En compagnie de ses amis William B. Yeats et Edward Dennison Ross (ce dernier était le directeur de l’école d’études orientales), il est chargé de rendre compte sur une machine supposée relayée des messages de l’autre monde, inventée par un médium nommé David Calder Wilson. La machine de Wilson est censée concentrer la « force odylique », la substance fluidique porteuse de messages entre l’au-delà et notre monde : lorsqu’elle est mise en marche, une incompréhensible logorrhée en sort. Yeats sortira de la séance convaincu que Wilson est bien un vrai médium, Ross estimera que le tout est une supercherie, et Dulac notera que monsieur Wilson n’a nullement prouvé que sa machine en est bien une, c’est-à-dire un instrument effectivement capable de produire ces sons en dehors de la présence de son manipulateur ; que les sons produits diffèrent des autres séances de médiums ; ou bien alors, il ne s’agit pas d’une machine scientifique, auquel cas il faudrait soumettre Wilson a une série de tests pour le voir produire ces phénomènes remarquables quoique non scientifiques.

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