#2516

J’avais lu Jean Ray, dans le temps, lors de ma jeunesse dévoreuse de livres. Je me souviens vaguement du Carrousel des maléfices, de Malpertuis, des Contes du whisky… (plus les Harry Dickson bien entendu, mais c’est un autre sujet) Mais je n’avais pas plus approfondi, ayant beaucoup moins d’appétence pour le fantastique que pour le polar, la SF et la fantasy. L’âge venant, pourtant, je me mets à lire un peu de fantastique, domaine que j’ai conscience d’avoir bien trop négligé dans la constitution de ma culture. J’ai donc lu ou relu depuis que je suis à Bordeaux un peu de Perutz, de Seignolle, de Maupassant, de Nerval… Relu les trois Terence M. Green que j’ai (un auteur canadien des années 1990), Si j’étais vous de Julien Green… Et puis sont arrivées les nouvelles éditions de Jean Ray chez Alma, et j’ai plongé. Avec délice. Le style, l’atmosphère… Ah ah, ça c’est de la littérature de l’imaginaire, de la bonne, de la charnue, pleine de « mots compliqués » comme diraient certains crétins qui se prétendent chroniqueurs de nos jours… Lorsque je lis une phrase comme celle-ci, moi je jubile :
« Un carillon versa sa pluie de fer et de cuivre parmi la grosse pluie d’ouest qui, depuis l’aube, flagellait sans merci la ville et sa banlieue. »

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