WIP. « Le matin se dénouait lentement d’une brume à l’odeur de fumée nocturne, sous un ciel plat. Seul flambait en rouge le petit érable, vers le canal, sur un fond confus de buissons gorgés d’eau. Les bruits familiers de la ville et le chant réconfortant des oiseaux formaient une poussière sonore, vie ordinaire de la semaine dans un frisson d’automne. »
Archives de catégorie : journal
#4057
Un tantinet fourbu, après primo une nuit à mal dormir car un peu fiévreux, où j’ai donc pas mal cogité aux Mystères de l’Empire, un gros roman dans l’univers de Bodichiev auquel je commence à songer… puis sorti me promener vers 10h 30 et ayant traversé Bordeaux aller et retour à petits pas tellement piano qu’ils doivent être terriblement sano, ne suis rentré m’écrouler pour une sieste que vers 17h. Marché dans les rues aux ombres froides, apprécié la lumière d’automne qui ourlait les façades, croisé des tas de touristes espagnols aux conversations pleines de « donde », de « entonces » et de roulements, entendu des vieilles dames portugaises au bel accent chuintant, mangé avec des amis, regardé la flore des rues, humé le bon soleil d’octobre et froncé des yeux dans la lumière qui tavelait le fleuve.
#4055
#4054
Back home, le cœur léger et le corps fourbu. Pas mal marché, beaucoup parlé, bien mangé, trié des textes et scanné des images, beaucoup lu également : le dernier Modiano (beau mais sans surprise), un peu de Jacques Ouvard (excellent et oublié polardeux catho du Masque dans les sixties), un peu de Simenon (le Petit Docteur). Retour à la normale, maintenant.
#4053
Le soleil du matin heurte l’œil et peint la prairie d’étincelles humides. Çà et là brille dans l’herbe le mauve des dernières fleurs de cupidone. Les chats s’approchent sous les vieux pruniers couverts de lichen. La sonnaille d’une église. Quelques pas sur la route, allons voir le champ d’à côté : que sont donc ces grappes de graines sombres ? Du millet. En face, la colline fait le dos rond, on croirait que la nature va ronronner, comme le matou blanc et gris à mes pieds. Las, quelques claquements au loin indique la présence de chasseurs, la plaie des campagnes. Sur le coteau aux genêts s’ouvrent des pistes fantômes entre les touffes de graminées. « Viens, les vins vont aux plages », dirait Rimbaud.
