#1466

horreur, malheur, qu’ai-je fait? Je n’ai pas annoncé en ces pages que je prenais un long week-end, et que trouvai-je en rentrant chez moi? Une foule de messages sur le répondeur téléphonique.

Week-end, donc. En Touraine, la patrie de mes ancêtres… et de l’annuelle garden party familiale. Qui fut cette fois encore l’occasion de faire la connaissance de cousins inconnus (les deux fils du demi-frère de mon oncle, la fille d’une cousine de mon père), et d’en redécouvrir d’autres (ma cousine Gwenaëlle, que je n’avais pas vu depuis plus de 30 ans alors qu’elle faisait partie de presque tous mes étés d’enfance). Les petits enfants grouillent et grandissent, la grand-mère terrible est bien fatiguée mais trône en majesté dans un grand fauteuil ancien, cape rouge sur les épaules. Sous les grands arbres et auprès de la mare, l’on fête le cinquantenaire de cette maison, l’Éssart, dans notre famille. Bonhommie et papotages. Un cousin conte comment sa fille a renversé une pleine bouteille de shampoing dans l’escalier, tandis qu’une cousine explique que son fils se prénomme François en hommage à Mauriac, qu’une autre s’amuse que je juge son minuscule bout de fillette visiblement clôné, le temps est clément, roulant dans un ciel clair juste assez de nuages pour tamiser le soleil. Quelques promenades dans la forêt nous mènent du côté de la voie ferrée, désertée pour l’été, dont le ballast rouge tranche vivement sur le vert acide des fougères ; et de celui de l’ancien ermitage, déserté pour l’éternité, perdu dans un trou de terrain rattrapé par les bois.

Comme je rédige ces lignes, une petite chose noire glisse en grognant dans le labyrinthe des dictionnaires et des ordinateurs: Carmilla, juste arrivée, la nouvelle colocataire féline de ces lieux. Merci Sophie.

#1465

Un des plus grands scandales en rapport avec le droit d’auteur ces dernières années, consiste en le fait que le firme Disney se soit vue attribuée une co-paternité du personnage de Winnie l’ourson — alors que c’était une pure création d’A.A. Milne, quarante ans avant que l’empire de la souris ne s’en empare! Et ce n’est hélas que la première de toute une monstrueuse série d’attaques américaines contre le droit d’auteur international (visant notamment à légaliser une certaine forme de piratage par les éditeurs étasuniens). Bref: mon camarade Seb Hayez vient de me signaler une série de dessins animés trop mignons, datant de 1969 — des adaptations polonaises de Winnie! En voici un début, il y en a d’autres au même endroit.

#1464

Science-fiction, les frontières de la modernité. Je n’en ai pas encore parlé ici, préférant laisser la surprise de la découverte… Mais voici qu’Actu-SF l’annonce, et donc, à la demande unanime du camarade Pégase, je me dois certainement d’en toucher deux mots…

Qu’est-ce, donc? Eh bien, un gros essai co-écrit par Raphaël Colson & moi-même, à sortir début novembre chez Mnémos. Avec comme ambition de brosser un panorama de l’histoire d’une culture, d’une esthétique, d’un genre: la science-fiction. Une ambition nettement plus développée que dans le petit volume publié chez Klincksieck il y a quelques années — de fait, c’était même la rédaction dudit petit essai qui nous avait donné la furieuse envie d’en livrer une version beaucoup plus élaborée, tant grande était notre frustration de n’avoir vraiment pas la place de développer. Et puis depuis ce premier essai, nos réflexions sur la science-fiction ont bien évoluées, nous avons énormément creusé la sujet, avons essayé de le « décortiquer », de remettre en question pas mal d’idées reçues, d’en comprendre origines, rouages et enjeux. C’est tout cela, Science-fiction, les frontières de la modernité. Une histoire de la science-fiction déroulée depuis les premiers frémissements du XVIe siècle, jusqu’à l’orée du XXIe. Avec surtout trois grandes parties: l’âge des pionniers, le XVIIIe. L’âge européen, le XIXe. Et l’âge américain, le XXe. Rédaction en cours de fin, maquette prochainement: nous y sommes en plein.

#1463

« Because of his intellectual audacity, the chillingly distanced mannerism of his narrative art, the austerity of the pleasures he affords, and the fine cruelty of his wit, [Disch] has been perhaps the most respected, least trusted, most envied and least read of all modern first-rank sf writers », disait de lui la Encyclopedia of Science Fiction… Pour moi en tout cas, Thomas M. Disch était un grand écrivain, tout court. Et son suicide m’attriste énormément. Il apparaît qu’il allait très mal depuis la mort de son compagnon, Charles Naylor — avec qui il avait co-écrit en 1980 le splendide Neighboring Lives, un roman sur Chelsea, Carlyle et les Pré-raphaélites. Je réalise que je ne l’avais plus lu depuis longtemps — il faut que je trouve ses derniers romans. Je crois que plus rien de lui n’est dispo en France, en dehors de Sur les ailes du chant chez Folio-SF, qu’il faut lire, ce roman est bouleversant.

#1462

Pas déplaisant, comme week-end. Fait une bonne moitié de la maquette du futur « Malaussène » de la Bibliothèque rouge. Achevé celle du hardcover de Léa Silhol, avec ses bonus à foison. Maquetté l’épatant glossaire d’Isa pour le Nouveau cabinet des fées. Eu un beau « je t’aime » téléphonique d’un de mes petits frères de coeur. Vu un orage magistral sur la ville (wow, un moment il y a eu une lumière qui a gommé tout l’univers et l’immeuble en a tremblé: on se serait cru dans un film de SF! super effets spéciaux, la municipalité lyonnaise!!). Redécouvert la balade la voie de l’est, convertie en piste cyclable. Et visionné l’ultime méga épisode de la 4e saison de Doctor Who (dont je devenu un grand fan depuis quelques années — et ce final! Fun fun fun, tout le monde à bord!). Bon, j’ai aussi appris que mon adorable voisin dessineux déménageait à l’improviste, et j’ai monté un lit Ikéa chez Axel, m’enfin ça va, c’était quand même un week-end assez agréable.