#1221

Rien ne change. Je lis Le Pays de la littérature de Pierre Lepape (chez Points), une passionnante histoire de la littérature française (non, je vous rassure: la science-fiction n’existe pas. Son seul représentant en ces pages est Louis-Sébastien Mercier, cela fait mince!). Et en lisant son compte-rendu sur 1848, la IIe République, le bon commissaire Deschamps et la crapule répressive Senard, quand je lis les « arguments » des libéraux de l’époque, je me dis que rien ne change. On nous dit toujours les mêmes choses. Et on semble sur le point d’élire Nabotléon au suffrage universal, aussi.

Je vais voter pour Bayrou: Sarko est un démagogue, un ultra-libéral et un dangereux extrémiste, Royal est une marâtre psycho-rigide et incompétente. Depuis la réélection bananière de Chirac, je me surprends, moi le gauchiste, à souvent trouver intelligents et raisonnables les propos de Bayrou. C’est un homme honnête. Cela change. Et il incarne un espoir de modération, de gouvernement d’unité nationale (si les socialos, dans un pur réflexe de Parti, ne sabotent pas cette volonté), et même de changement de têtes. Longtemps, j’ai voté pour les Verts. Mais ceux-ci se sont vendus aux socialos depuis l’éviction d’Antoine Waechter — et ce dernier appelle d’ailleurs à voter pour Bayrou, alors, ma foi, mon choix s’en trouve étrangement conforté.

#1220

Tiens, également dans mes trouvailles récentes de bouquinistes: l’unique reliure (je crois) d’une bédé anglaise, « Flook » de Trog (en fait le dessinateur et jazzman canadien Wally Fawkes avec le scénariste britannique George Melly). Quatre séquences de strips datant des années 1960 et reflétant de manière très amusante (et assez critique) les swinging sixties. À l’origine simple plagiat de « Barnaby », cette bédé s’est ensuite et durablement imposée dans la presse britannique — mais a sombré dans l’oubli dès la fin de sa parution quotidienne.

#1219

Amusante découverte chez mon bouquiniste favori, tout à l’heure: une très vieille traduction d’un Uncle Scrooge de Carl Barks. Et pas n’importe lequel: le retour au Klondike! Le plus étonnant étant de découvrir qu’alors Picsou se nommait Harpagon (ce qui, ma foi, semble une bien meilleure adaptation) et que Donald vouvoyait son oncle (ce qui semble également bien plus logique, vu l’époque des récits de Barks). Moins bien, certaines cases sont redessinées avec maladresse, l’éditeur n’ayant visiblement pas eu accès à des documents originaux. Cette jolie brochure date de 1953.


#1218

Journée de contrastes et d’activités… étonnantes, hier: passé une partie de l’après-midi à aider ma collaboratrice Isabelle a peindre au pochoir le logo des Moutons électriques sur des coffrets en bois (une des étapes de la fabrication du coffret de luxe du roman de Léa Silhol que nous sortons en avril). Et le soir, j’assistai à une conférence de philo sur le thème du témoignage. N’ayant pas de formation philosophique, je trouve littéralement fascinant la manière dont le conférencier creusait un concept, en décompospant chaque élément. Concentration maximale — ayant mal dormi la nuit précédente, j’avoue que j’eus du mal à finir, mon écoute se faisant trop incertaine sur la dernière question pour comprendre celle-ci.

#1217

Den Haag 6

Une calme retraite afin d’écrire, c’est bien. Mais force est d’admettre qu’au bout d’une huitaine de jours, la solitude recommençait à me peser et, si je passais des journées paisibles, très concentré sur mon travail avec juste de temps en temps quelques pauses télé pour zapper entre chaînes locales et chaînes anglophones, il s’agissait au final d’une forme de tension, que je payai mes deux dernières nuits par de copieux cauchemars. Sans doute mon corps me disait-il déjà qu’il fallait que je revienne à mon quotidien lyonnais.

Je pense avoir rédigé une petite moitié de mon roman. La question étant: quand pourrai-je trouver le temps de m’y remettre, ensuite? Je repartis par un train régional pour Bruxelles, puis changement: TGV direction Lyon, avec comme il se doit un mignon retard. Allez, deux dernières images avant de passer à autre chose: la couverture du dépliant de l’expo Penguin, et trois cases d’un « comic strip » typiquement néerlandais (avec texte sous les images), recueil trouvé chez un bouquiniste. Ce Wipperoen avait pour auteurs Jan van Reek et… Raimond Bär. Ça ne s’invente pas.