#1066

Je sais, je sais, j’cause peu en ce moment. Petite période de speed éditorial, comme souvent, rien de grave. Bouclé les Anges électriques, somptueux ouvrage; suis en train de m’occuper des derniers détails pour le 4e Fiction, et le nouveau site des Moutons électriques ne devrait plus tarder à être en ligne…

Niveau lecture, j’ai dévoré rapidemment l’heinleinienne « trilogie Dingillian » de David Gerrold, très sympa mais alors, quelle barbe les passages hard-science! Lu à Paris l’autre jour Le Célibataire français du toujours savoureux essayiste dix-neuviémiste Jean Borie. Qui assène au passage quelques vérités un peu douloureuses à lire. Lu aussi le nouvel album de Jiro Tanigushi, Ciel radieux, toujours sensible et étrange. Et puis là, j’entame le premier des deux Georges Foveau réédités ces jours-ci en Folio-SF, j’étais assez curieux de lire ça, mélange fantasy/SF ethno/polar/langue précieuse… Pour le moment c’est chouette, même si l’auteur se prend un peu les pieds dans la trop grande circonvolution de sa langue, parfois… Mais ça me fait beaucoup penser à Malakansâr de Michel Grimaud, où j’en suis dans ma lecture – et il s’agit d’un roman que j’adore, donc excellente référence.

#1065

Rentré de Paris. Fourbu bien sûr. Et cette chaleur! Mais une soirée particulièrement chouette (avec un ami cher puis un peu avec mon oncle), et ce matin un tour à Orsay (Caroll’, d’infinis remerciements!) avec une assez émouvante expo Carrière/Rodin (trop brève hélas) et une épatante expo sur un Danois, Willumsen. Sans compter quelques retours à certains tableaux, comme l’on visiterait des familiers. More later, quand reposé.

#1063

Rêvé que je me rendais dans un coin de Lyon où je vais rarement. Le tramway y passe mais c’est quand même un peu paumé, apparemment il s’agit d’un quartier qui fut important dans le temps mais est tombé en désuétude: les trottoirs ne sont même pas goudronnés, ils sont en terre battue comme dans le St Brévin de mon enfance. Beaucoup de grands arbres, c’est le quartier du château, transformé en musée. Je suis venu pour voir la boutique de merchandasing d’art, dans un petit cottage à l’entrée du parc, mais elle est fermée. Je remonte l’avenue bordée de buissons et de hauts conifères, des aiguilles de pin jonchent le trottoir. Je me dis que je devrais venir plus souvent dans ce quartier très vert, on se croirait presque à la campagne. Au carrefour suivant, plusieurs grandes rues se croisent, il y a des magasins, façades basses, notamment un Habitat. Au-delà, on distingue au-dessus des frondaisons les toits des maisons. Devant une grande boulangerie, l’arrêt du tramway. Ce n’est pas le tramway blanc habituel à Lyon: celui-ci est mi-blanc mi-noir et en duplex. Je monte m’asseoir en haut, un groupe d’ados rigole de l’autre côté de l’allée. La voie est haute par rapport aux maisons, comme parfois dans le métro londonien en allant vers Richmond. Soudain, un des ados réalise qu’ils se sont peut-être trompés de quai: il se tourne vers moi pour me demander si on va vers Villerbanne ou dans l’autre sens? Vers Villeurbanne: perdu, ils voulaient sortir de la ville.

#1062

Les douces surprises du web: j’avais déjà, il y a quelques années, eut l’agréable surprise de recevoir des mails du bassiste Hugh Hopper (parce que j’avais chroniqué un de ses albums sur un site) puis un autre d’une écrivain d’Oxford dont j’avais lu un excellent polar impressioniste (sur Londres et Monet). Eh bien, même chose l’autre jour, en rentrant de vacances: un mail d’une certaine Rebecca Morean — qui s’avère être Abbey Pen Baker, autrice d’un très beau roman… comment dire? Moins un pastiche qu’une sorte de post-Sherlock Holmes. « In the Dead of Winter », lu et chroniqué ici il y a longtemps. Malheureusement, ce roman ne s’est pas assez vendu pour que l’éditeur accepte de publier la suite. Dommage, j’en garde le souvenir d’un des meilleurs « dérivés » de Holmes qui me sois tombé entre les mains — et j’en ai lu énormément.