#1011

C’est cool: je suis à l’heure dans tous mes boulots. Ce qui signifie que je n’ai qu’à écrire un article sur l’Angleterre des années 30, à faire encore 5 entrées pour le grodiko de Goimard and Co, à écrire un article pour le prochain Yellow Submarine, à réunir enfin et maquetter ledit Yellow Submarine, à faire la préface des Anges électriques, à maquetter le recueil de Bergeron, à maquetter le Fantômas, à entrer les corrections du Poirot, à finir le 4e Fiction, à me mettre sérieusement à deux traductions de romans, à mettre au propre une nouvelle et à la finir, à établir le plan d’un énorme essai, à débuter le synopsis d’un roman, à écrire un article pour Comix Club, à reprendre un scénar de BD, à en commencer un autre, à… aargh!

Je sais: vie sèche, trop exclusivement intellectuelle. Plaisante, pourtant.

#1010

Ouf: une grosse pluie d’orage.

En dépit des 30° dans l’appart, gros boulot aujourd’hui. Déblayage d’une partie des mails. Du courrier. Refait les docs pour mon diffuseur perdus par la Poste (youpi). Encore changée-corrigée-augmentée la maquette du Hercule Poirot, en attendant d’avoir le matos pour le Fantômas. Reçu le recueil de Thomas Burnett Swann dont j’ai « révisé et augmenté » la traduction, chez Folio-SF (La Forêt d’Envers-monde).

#1008

J’évoquais hier soir le travail de mon ami JPJ. Alors, avant de quitter demain matin la kâpitale pour aller entendre h à Lille (chic chic chic), une brève évocation de ce travail… Il est un peu fou, JPJ, je crois. Et c’est ce que j’admire. Plutôt que de bloguer comme je le fais ici présentement, à destination du web, ou à défaut d’éternité les « posts » restent tout de même fort longtemps en ligne et où l’on peut, éventuellement, être lu – où, en tout cas, on a la possibilité d’être lu… JPJ, lui, en amoureux invétéré, presque fanatique, du papier, du livre, et même: du petit livre en format A6 (format rare en France mais apparemment courant au Japon, ai-je appris par lui), bref: en enfant marqué par les « mini-récits » de chez Spirou (c’est lui qui le dit), JPJ publie chaque semaine un mini-comix, ce qu’il nomme son « Mini de la semaine ». Si, si, vous avez bien lu: de manière hebdomadaire. Et il s’y tient, l’animal: j’ai reçu de ses mains jusqu’au n°69, l’autre jour. Alors, de quoi s’agit-il? D’une feuille normale pliée uis repliée, et coupée au cutter: au résultat, 8 pages en format A6. Sur lesquelles JPJ glose et cogite, nous livre quelques brides de sa vie, surtout de sa vie de l’esprit. En dessins simples mais beaux, en textes fins et séduisants, le plus souvent autour de la BD et de la théorie de la BD. Mais pas seulement.

Et puis comme si cela ne suffisait pas, le JPJ publie aussi, de manière très irrégulière, un autre fanzine, format A5 celui-là: « Improbablement ». Il en est au n°15. Et là, c’est sa vie qu’il raconte. Autobio, de même dessin très simple. Il est fou, je vous dit: il a des tonnes de planches d’avance, un retard énorme depublication de cette autobio, et cependant il tarde à sortir de nouveaux « Improbablement ». Parce que JPJ ne recherche pas un lectorat. Du tout. Il crée, il dessine, il réfléchit. Il (se) raconte. Et ses fanzines, il ne les tire qu’à 30 exemplaires, ne cherchez pas, il ne les vend pas: il les offre à ses amis. Et encore: il ne les poste pas, il les donne de la main à la main lorsqu’on se voit. Ainsi ai-je récupéré les « mini de la semaine » du n°12 au 69, cette semaine!

Et dévorés, je les ai, illico. Touché, amusé, passionné, séduit. Comme d’habitude. Merci. J’ai bien de la chance de faire partie des amis de JPJ, moi j’vous dis.

#1007

Eh bien, qu’ai-je fait depuis lundi… Oui, je suis toujours à Paris. La chaleur s’est faite nettement moins écrasante depuis hier. Mardi, j’ai voulu faire une promenade du « Times Out » sur Paris, celle qui, dans le 16e arrondissement, permet de découvrir de nombreux chef-d’oeuvres architecturaux modernistes. J’avoue avoir canné avant la fin… Et pourtant, c’était une promenade superbe! Plein d’Hector Guimard (à commencer par le Castel Béranger, par lequel débute le tour et que je suis vraiment heureux d’avoir enfin vu de mes yeux), un peu d’Henri Sauvage, un peu de Le Corbusier, un immeuble d’Auguste Perret, où il avait son atelier (hélas bien décatit, cet immeuble, c’est assez triste), et surtout: la rue Mallet-Stevens. Grand, immense plaisir que de contempler enfin cette rue mythique, aux construction ô combien impeccables, d’une rigueur admirable dans la beauté géométrique. Admiration.

Mais il faisait vraiment trop chaud et j’ai déclaré forfait avant la fin de la promenade. Que je referai certainement une autre fois. Auparavant, j’avais déjeuné avec mon petit camarade Thibaud E., ce qui est toujours particulièrement agréable (et il ne cesse d’être de plus en plus beau, l’animal). Et le soir, dîner chez mon petit camarade Sébastien G., qui s’est aménagé une tanière proche banlieusarde d’une formidable élégance. Quel cadre, quelle déco! Occasion aussi de faire connaissance de sa compagne: je crois que la sympathie fut instantanée. Une nouvelle amie, j’espère! Et connaissance enfin de ses deux adorables chats. Impeccable soirée, donc.

Mercredi, voyons voir, que fis-je mercredi au juste? Hum, surtout deux trucs pas super rigolos mais très très nécessaires, professionalement parlant, dont une réunion représ. Ah tiens, d’ailleurs, j’ai oublié de préciser que mardi matin, j’ai rédigé mon article/travelogue sur les traces parisiennes de Fantômas. Ayant regagné la civilisation (mon diffuseur est au fin fond d’Ivry), l’estomac dans les talons, j’ai pris quelques sandwiches afin d’aller m’étendre dans mon parc favori: celui de Bercy. J’ai déjà dit ici, je crois, tout le bien que je pense de ce parc contemporain, à l’aménagement sempiternellement astucieux et esthétique. C’est donc sous un petit arbre et non loin des cubiques façades de Jean Nouvel que j’ai déjeuné, que j’ai un peu cogité sur un projet de roman, et qu’enfin j’ai légèrement siesté – jusqu’à ce que, une fourmi m’ayant mordu l’oreille, je me réveille pour constater qu’une pluie orageuse débutait (juste quelques gouttes très espacées). Quittant la douceur de cette petite butte herbeuse, je traversai pour l’autre côté du parc – où je m’installai un moment encore, toujours cogitant. C’est assez excitant, de réfléchir à un nouveau bouquin. Tranquillement, je dirigeai ensuite mes pas vers la Seine, pour aller voir l’expo d’Henry Darger à la Maison Rouge (un petit musée d’art contemporain, que je ne connaissais pas encore).

Première expo de Darger en France. J’avais publié un article sur Darger dans le premier « Fiction », souvenez-vous (par Elizabeth Hand). Grand intérêt de les voir en grand et en vrai. Malsains, très étranges, assez perturbants, mais une expérience fascinante.

Le temps de traverser, il était l’heure de mon rendez-vous. Et je terminai la journée par une petite errance du côté des quais, à faire les bouquinistes… Avant de remonter tout doucement vers Bastille puis Charonne, pour aller dîner chez un mien ami, JPJ. Qui reprenant la direction d’une revue de critique sur la BD, « Comix Club », me proposa d’écrire pour icelle: croyez-vous que j’allais refuser? Que nenni: je suis trop content d’enfin avoir une jolie occasion d’écrire sur la BD. Et le JPJ de m’avalancher sur ses productions de l’an écoulé… But more later!