Déjà 15 années d’existence ! Pour le fun, quelques collaborateurs et amis des Moutons électriques ont accepté de poser en compagnie d’ouvrages ovins…
Archives de l’auteur : A.-F. Ruaud
#2831
Il pleuviote, il pleuvine, ou bien faut-il écrire pluviote, pluvine, je ne sais, mais en ce premier jour d’automne ça semble très adéquat — et ô combien bienvenue après tant de chaleur et de sécheresse. C’est avec plaisir que je retrouve la petite musique de l’averse, et puis ce n’est pas comme si je manquais de lecture pour m’occuper.
#2830
Je cause sur le site ActuSF, du haut de mes vénérables 15 ans… pour une interview où je cite plusieurs fois des collègues éditeurs de cet autre genre qu’est « la blanche »… 🙂
#2829
Gosh, by Jove, reçu à l’instant les premiers exemplaires de mon dernier opus, London Noir, un voyage dans Londres de 1860 à 1960 à travers les grandes figures et les grands lieux du polar et de la littérature populaire… Une version « petit format » et resserrée sur mes propres chapitres de l’ancien Londres, une physionomie, bien entendu entièrement revu, avec pas mal de photos rares… Parution octobre… Dernier en date de mes petits cris d’amour pour la capital britannique… I say, what!
#2827
Lorsque j’écris de brèves descriptions, ce que je nommais fut un temps mes « instants lucides », il s’agit pour moi de saisir par écrit un peu de ce que capterait une photographie. Par définition, l’on se trouve alors en mode contemplatif, et maintenant si je resonge à ces deux jours délicieux que je viens de vivre, ce week-end d’anniversaire à la campagne, je me trouve plutôt en peine de coucher souvenirs et émotions sur le papier. Car en lieu et place de contemplation, ces jours furent ceux d’une volonté claire de vivre chaque seconde, de saisir chaque instant, avec autant d’acuité que possible, conscient comme je me trouvais du caractère marquant, sorte de « moment historique » intime, de mon histoire personnelle. Alors aucune phrase ne s’est tissée, je ne pouvais pas penser à écrire alors que je m’occupais à apprécier, regarder, écouter, saisir — et rire, et déguster, et bavarder. Un discours, un discours, demandèrent les amis plusieurs fois, mais il n’en était pas question pour moi, je voulais simplement savourer l’instant présent, la tendresse, cette « famille logique » comme dirait Armistead Maupin dont je viens de lire avec émotion l’autobiographie, ce groupe réuni presque miraculeusement dans un instant privilégié. Au sein d’une verdure vibrante, sous les feuillages bruissants, avec l’éclat du jour déclinant et celui du feu de camp dans l’obscurité, la fumée et les braises des bûches, une danse esquissée, des chats discrets, les vaches non loin, un hamac refermé comme la cosse d’un petit pois, le tiède abri d’une tente sous un bouleau, un minuscule crapaud dans la nuit comme couvert de diamants, l’émerveillement d’un feu d’artifice, le meilleur tofu du monde, des bouteilles de vino verde, des cartons de bouquins sur l’herbe, les lampions dans l’érable, le chemin de lumière en pots de verre, la complicité, les discussions, les fou-rires, et tout cela qui file si vite. Un grand bonheur. Merci.

