Ce fut une très belle apocalypse. La soirée à la bougie, la tempête hurlant et griffant, puis au matin un orage lâchant son armée de motards et un déluge de pluie. Derrière la maison a soudain levé un escadron de coulemelles drues et hautes, mais surtout un autre géant s’est effondré. Après le cyprès d’il y a deux ans, c’est l’un des trois frères mélèzes qui, fendu en deux, a répandu branches et écorces au sol. Immense tristesse. La mare pour sa part est enfin réapparue.
Archives de l’auteur : A.-F. Ruaud
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Dernier séjour à Champignac, la saison s’achève pour les repos en campagne, sous les rafales et les averses cinglantes, avec des nuées de bruine qui gomment le haut des arbres. Un bref clin de soleil pare de dorure un arbre roux puis tout s’éteint à nouveau, fondu dans le gris. Dans le grand escalier maussade sonnent les ronflements de la chaudière. La nature, toute souillée du froissement humide des feuilles mortes, somnole et bruit.
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Ce n’est pas une surprise et c’est même excellent pour la nature, mais il pleut, beaucoup, et ça ne se prête guère à des photos comme le voudraient désormais Insta et autres rézo. Je suis donc un peu silencieux en ces pages virtuelles, concentré sur la ronde des réunions et des boulots éditoriaux. Suis en train de lire le superbe essai de Rebecca Solnit sur Orwell et ses roses. Reçu un premier exemplaire de mon nouveau livre à moi que j’ai, nouvelle édition façon beau livre tout couleur de la bio de Holmes coécrite avec my old chap Mauméjean, le professeur X, énorme travail iconographique en plus. Et j’avance tranquillement sur un petit roman steampunk avec un ami, pour le plaisir d’écrire.

