#2473

C’est lui, ce ciel d’hiver illimité, fragile,
Où les mots ont la transparence et la délicatesse du givre,
Et la peau froide enfin son ancien parfum de forêt,
C’est lui qui nous contient, qui est notre exacte demeure.

(Je pensais à Jacques Réda, tout à l’heure, en contemplant le ciel si froid et cette lumière si dure.)

#2465

Hier soir il faisait relativement bon et sur la terrasse, levant le nez, j’ai regardé la lune, pleine et imposante, devant laquelle glissaient des nuées bleutées. Ce soir, on nous annonçait la « super moon » mais j’ai beau scruter, le ciel reste vide, bouché d’un couvercle gris rougeâtre. Ah mais si, la voilà, elle se lève et le ciel se fragmente de nouveau en larges écailles bleues. La lune est là mais elle ne me semble pas plus grande qu’hier. Des nuées en échardes noires flottent au ras des toits, il s’agit en fait de déchirures vers le ciel nocturne. Un train passe en ronflant et quelque chose tinte au loin, vers le boulevard.

#2426

En cercles lents, le petit rapace tourne au-dessus du quartier, ailes largement tendues, rousses dans le soleil sur le fond bleu tendre du ciel. À chaque tour, il se décale un peu plus vers la gauche. Un bruit près de moi me distrait : la chute d’une feuille de figuier, jaunie par la chaleur. Lorsque je relève la tête, le faucon a disparu de ma fenêtre de vision.

#2420

Il semblerait que mon environnement immédiat ait gagné une chouette : voici quelques fois que, de nuit, j’entends un doux et discret hou-houuu. Au petit matin, j’ai enfin eu la confirmation, également, d’une présence de volatiles dans le plafond des toilettes. Depuis que je suis installé ici, j’entends de petits froissements sous ce toit, mais les animaux qui nichent là doivent s’introduire par l’autre côté, le jardin de la maison inoccupée, et je n’ai jamais su s’il s’agissait bien d’oiseaux comme je le supposais (plutôt que de pipistrelles, rares ou absentes des environs, ou de loirs), ni desquels. Ce matin à l’aube (littéralement), j’ai capté un léger piou-piou, confirmant mon soupçon. J’aime entendre ces bruissements, minuscule et rassurante présence : les architectures neuves, hermétiques et sans aspérités, provoquent une terrible hécatombe chez les petits passereaux. En Angleterre et dans d’autres pays, le moineau est devenu rare, 90% de leur population ayant disparue ; même à Paris, il y a une chute de 10% du nombre de « piafs ».