Une bonne moitié des fleurs de mon jardin vibrent dans des nuances de cyan et, en fin de journée, dans l’heure bleue qui voile le jour juste avant la nuit, toutes ces fréquences d’ultraviolet se sont mises à trembler, comme plus intenses, comme une respiration végétale.
Archives de catégorie : Bx
#2373
Turdus merula. C’est le vilain nom du seul hôte à plumes des environs de mon jardin, en ce moment, exceptée une tourterelle. À eux deux, le merle noir et le pigeon gris et blanc, ils suffisent à emplir tout l’espace sonore. On discerne bien quelques gazouillis alentours, mais éloignés, la seule proche activité demeurant les passages du merle, perché sur la branche morte de l’arbre qui surplombe le haut mur du jardin, ou bien tout en haut de la maison voisine, sur l’antenne télé. Et ça trille, et ça trille. De temps en temps, la tourterelle dont les roucoulements forment la basse de cette musique, vient le chasser dans un froissement d’ailes et un claquement de rémiges.
#2372
Tumulte matutinal — parfois l’océan se rappelle à notre souvenir. Réveillé par les doigts gris des embruns frappant au vasistas, je suis descendu au salon dans un demi-jour ténu et humide, tandis que gonflait au dehors une rumeur maritime, une levée puissante qui bientôt secoua le jardin, éclaircissant le ciel mais grondant comme pour que l’on se souvienne qu’après tout, elle n’est pas si loin, l’immense et brutale persuasion de l’Atlantique.
#2367
Opération « démontage / remontage de la cave-stocks des Moutons », done ! Trois jours de travaux harassants. Tout est monté, plié, trié, rangé, nettoyé… Ouf. En 12 ans, le petit stock d’exemplaires VPC / SP / auteurs / livres épuisés des Moutons électriques est passé par un garage über poussiéreux à Villeurbanne, une cave ultra obscure et cendreuse à Lyon, un garage lointain et humide à Lyon… et ces dernières années, dans ma cave bordelaise, claire et sèche, mais le foutoir de cartons entassés n’était plus gérable, il fallait vraiment installer des étagères pour s’y retrouver durablement. Ça peut sembler rien du tout, mais ça va nous changer le boulot, assurément.
#2347
Curieux comment marchent les rêves. Pendant longtemps, j’ai rêvé de villes et hélas ça ne semble plus être le cas, ce paysage, cette géographie semblent ne plus être d’actualité sous ma caboche. J’ai gardé des souvenirs assez nets de ces villes oniriques, et en particulier du Bordeaux — le fait de vivre maintenant dans le vrai Bordeaux n’a pas effacé sa version parallèle, au point même que j’ai une réaction amusée, presque surprise, chaque fois que place de la Victoire je passe devant l’entrée du cours de la Somme, point d’accès — allez savoir pourquoi, il s’agit d’une artère assez ordinaire — de mon Bordeaux onirique. Dormant particulièrement mal ces temps-ci, j’ai tendance à me souvenir d’autant plus de bribes de rêves : et à défaut de me promener encore dans ces villes imaginaires, mes décors demeurent urbains tout de même, par exemple Axel était en chapeau melon l’autre nuit sur fond londonien ; tandis que je retrouvais cette nuit Fred Jaccaud à la terrasse d’un café. Me souviens aussi avoir passé du temps avec Justin Beiber (?!) et avec ma frangine. Dreams are so weird.

