Très humble pioche ce matin à Saint-Michel, mais après tant de semaines sans pouvoir m’y rendre, ah le plaisir renouvelé de ce déballage, sous la flèche de l’église perçant un ciel d’un bleu glacial. Jubilation de toute cette belle vie dominicale bordelaise, le foutoir de la brocante, la presse du marché des Capucins, plus en bonus le fait de papoter un peu avec le sieur PM. (mais quel dommage, la date du concours doit être un rien dépassée, je pense)
Archives de catégorie : Bx
#2341
Hier soir, essayant de trouver le sommeil entre deux grondements d’averse sur le vasistas, je me surpris une fois de plus à m’étonner du grand silence bordelais. Et puis je me suis demandé : comment font les oiseaux, pendant une telle tempête ? Des vents à 98 km/h, une pluie diluvienne, où se trouve le rouge-gorge qui s’est installé dans le quartier depuis quelques mois, comment se protège-t-il ? Et les trois jeunes pies, et le couple de faucons, où vont-ils ?
#2339
Je reviens juste de la Poste. Au-dessus du boulevard le ciel amoncelait des nuages chargés en anthracite et autres matériaux volatiles, comme ne tardèrent pas à le prouver de grands fracas et des éclairs blancs. Pressant le pas, je remontai vite la rue menant vers chez moi, quand soudain, un grand souffle grondant se leva et un vent glacé commença à me gifler. Devant moi, une nuée blafarde sembla se soulever du sol, je traversai un tourbillon de grêle, suivi de l’autre côté de la placette par le fouet d’une averse dense et brutale, qui me bouscula jusqu’à ma porte.
Je suis rentré un tantinet trempé.
#2324
Levé relativement tôt ce matin, après une nuit remuée et hachée, et ayant les yeux qui piquaient trop pour poursuivre la lecture du dernier polar à avoir échoué sur ma table de nuit, je me suis résolu à descendre et à sortir — aussi bien, j’avais encore un bon tas d’enveloppes à aller déposer à la moins éloignée des boîtes à lettres normées que la Poste installe si parcimonieusement le long de nos artères urbaines. L’épaule alourdie, je traversais donc les petites résidences sixties des alentours du centre de formation ferroviaire, pour constater que ce jour encore serait bien brumeux. Les bords du boulevard se gommaient donc en blanc-gris léger, assez semblable m’a-t-il semblé au contenu de mes humeurs ces derniers temps, au sein d’un monde qui s’assombrit, me heurte, me fait souvent peur, ne propose que si peu d’intelligence et de compassion et n’offre que de fugaces étincelles d’amitié à saisir très fort. Je n’avais pas remarqué l’hiver dernier que Bordeaux était si sujet au brouillard, inattention, hasard saisonnier, changement climatique?
PS : Traversant le jardin de Mériadeck l’autre soir, j’ai pensé à William Degouve de Nuncques.
#2320
C’est chez mes amis Mauméjean que j’ai vraiment noté pour la première fois la pratique d’avoir des bibliothèques bien définies : tel type de livre ici, tel autre type là-bas. Et cela me frappa comme une évidence, mais dans mon appartement lyonnais, l’espace n’était pas suffisant pour permettre des classements assez précis, des espaces assez définis, quoique bien sûr les BD étaient toutes réunies dans le couloir. L’un des projets de mon rejuquage* dans une maison basse typique de Bordeaux, ce que l’on nomme une « échoppe », était de mieux définir ces espaces de bibliothèques, puisque je vis dans (et par) les livres. Et avec l’installation récente de quelques étagères de plus, je pense être parvenu à réaliser cela : une maison de livres, bien rangée, ou tout au moins, rangée à ma propre satisfaction.
Ainsi ai-je réuni dans le bureau tous les romans, à l’exception de la jeunesse. Sur le mur le plus long, l’ordre alphabétique regroupe SF, fantasy, fantastique, littgen… Ainsi par exemple David Calvo, Albert Camus, David Camus, Richard Canal et Mike Carey se côtoient en rangs serrés. Dans l’angle, s’étagent les biographies et, en bas, les essais sur les litt de l’imaginaire. Sur l’autre mur, les étagères noires regroupent le polar et la litt populaire, essais compris, en double épaisseur + ma collection de livres sur Londres et l’archipel britannique.
Dans le salon, je vis au milieu des BD, littéralement, et en hauteur mes collections de Mickey Parade et autres picsouteries ont rejoint toutes ces images en cases. Livres d’art çà et architecture là, une colonne de poésie et de psychogéographie, une colonne de « nature writing ». À l’étage, une table de nuit pleine des ouvrages sur la nature et une chambre emplie de la littérature jeunesse, l’enfantina de toutes époques + un gros tas de mangas. Et je continue à aimer cela, tout le temps : ranger mes livres, les réorganiser, les apprécier, avoir autour de moi toute cette vie de papier.
*verbe tourangeau signifiant « se poser de nouveau ».

