Hier soir, rentrant de la soirée BD mensuelle (où PM défendit excellement l’ouvrage de son choix et où celui de Scott McCloud se fit étriller), comme j’approchais de la voie ferrée…. la belle surprise ! S’élevant de la tranchée ferroviaire près de laquelle j’habite, le crissement du chant de quantité de grillons. Sans doute logés dans les pierrés, les insectes s’en donnaient à élitres-joie, emplissant la nuit de cette stridulation pulsée. Après quelques pas dans ma petite impasse déjà le son ne s’en percevait plus, mais au-dessus des rails le chant des grillons semblait faire vibrer l’air nocturne.
Archives de catégorie : Bx
#2267
La vache, je crois bien que j’ai chopé une maladie hypra grave, le syndrôme Debaque-Saint-Martin que ça s’appelle, également connu sous la dénomination de « maladie d’Altairac ». Une braderiite aiguë. J’ai fait une brocante et un vide-grenier hier, un autre vide-grenier ce matin. C’t’affreux.
#2263
Beau début de journée. Je sors, et tout de suite ce vent frais et légèrement humide, sous un grand ciel bleu, me fait penser à l’océan. Sentiment renforcé par le bruit des bourrasques dans le haut des arbres, la senteur des fleurs, celle de l’herbe mouillée… Et jusqu’au fort accent du Sud-Ouest de Morgane C. au téléphone (hé hé hé) qui me fait penser à cette évidence pas encore bien ancrée en moi : « l’Atlantique n’est pas loin »…
Partant déposer encore un lot de Jawo à la boîte la moins loin (j’arrête plus), soudain une scène à la Patrick M. : « Monsieur Ruaud, j’ai un colis pour vous ». Et le facteur croisé dans le quartier à côté de me tendre une petite boîte, que, curieux, j’ouvre derechef : oooh, une boîte de macarons de St-Jean-de-Luz, cadeau de la maman de Xavier M. ! (je lui envoie de temps en temps des bouquins) « Friandises du pays basque ». Ça c’est chou.
#2259
Durant mes dernières années lyonnaises, je me heurtais à la ville. Souvent, en fin de journée, il me prenait l’envie d’aller un peu me dégourdir les jambes, d’aller marcher — mais où? Et je restais chez moi, car au dehors tout n’était plus qu’un autre enfermement, celui de rues mornes et laides, de plus en plus ternes au fur et à mesure qu’elles devenaient plus neuves, en un terrible paradoxe. Finies les petites rues de Villeurbanne, finies les vieilles usines et les maisons campagnardes, finies les ruelles du quartier Lumière, finie la coulée verte du chemin de fer de l’Est… Longtemps j’avais pratiqué la balade urbaine dans ces régions-là, notamment avec mon premier coloc Léo, mais la modernisation et la surpopulation avaient eu raison de tout ce que je trouvais agréable et charmant, et il ne restait que de hauts immeubles neufs et ordinaires, des rues propres et pourtant puantes à la première chaleur, plus trace de vert, plus de respiration.
Ces envies de sortir, elles me prennent toujours, bien sûr. Mais ici, outre que je peux aller respirer dans le jardin chaque fois que je le veux, il me suffit de sortir, de faire quelques pas, et je ne rencontre nulle agression, je respire aisément, l’oppressante sensation de me trouver enfermé même à l’extérieur n’existe plus. Tout à l’heure, je regardais mon bout de quartier, depuis le bord de la voie ferrée, et je me disais qu’ici le ciel semble bien plus vaste. Les maisons étant basses, les nuages ont plus de place, le ciel s’étale à l’aise, il domine, la ville ne se gribouille qu’au ras du sol, humble provinciale. Et même si je ne vais pas loin, juste sur le pont au-dessus des voies, je peux admirer d’un côté l’ouverture de l’emprise ferroviaire en direction de la gare, avec au-delà les vertes collines. De l’autre côté, simplement la large échancrure du ciel au-dessus des toits, les nuées empilées ou l’azur strié de traces blanches, haut, si haut. Ou bien alors, je vais me promener dans les petites rues d’échoppes blondes du proche Bègles. Ou bien encore, je fais ce que j’en suis à nommer le « chemin des boîtes »…
Nous l’avons fait en partie ensemble, souviens-toi Axel, et même entièrement, souviens-toi Christine : le « chemin des boîtes » cela consiste à tourner à gauche après les voies, et à effectuer un certain parcours, pas toujours parfaitement identique, telle rue ou telle autre mais les stations obligées sont les « boîtes à lire » qui, dans un long trajet en demi-cercle, peuvent m’amener depuis la place Nansouty jusqu’aux abords de la Bourse du travail. Oh, je n’y trouve pas souvent grand-chose, dans ces boîtes — et j’y dépose plus souvent qu’à mon tour —, mais qu’importe, c’est la motivation qui compte, l’alibi amusant, pour tracer mon chemin le pas léger.
#2258
Dimanche en banlieue verte. Littéralement, puisqu’il s’agit de Bègles, la ville dont Noël Mamère est le bon maire. Avec deux attraits dominicaux : un vide-grenier, tout d’abord, où j’ai trouvé deux jolies pièces d’enfantina, deux vieux albums qui avaient déjà pris une rincée le matin mais n’étaient pas fichus. Et puis, longtemps que je me disais qu’il fallait que je pousse mes pas vers l’un ou l’autre des nombreux lacs qui ponctuent le territoire béglais. Enfin, lacs, moi je dirai plutôt étangs, mais qu’importe. C’est donc dans la verdure que je me suis promené, aujourd’hui, dans une de ces balades en « coulée verte » comme j’en apprécie d’habitude plutôt à Londres. Bords de ruisseaux (que l’on nomme ici des « estey »), parcs semi en friche, voies cyclables dans l’herbe, lac privé pour cheminots, lac pas privé pompeusement désigné « plage urbaine »… Et photographier sur les bas-côtés l’ordinaire en tableaux serrés, des étendues de petites fleurs, de mauvaises herbes, et puis l’eau sous le ciel bas. Tout de même, il me faudrait un vélo. Ce serait franchement nécessaire, même, pour de plus amples promenades de ce genre.