Hier matin je me suis réveillé comme je venais de rêver d’un ancien camarade de fac, qui m’expliquait ce qu’il avait fait depuis – sauf qu’il semblait être encore dans la trentaine, tant il est vrai que je ne me rêve jamais vieux. En ouvrant les yeux, j’ai pensé « Pierre », me souvenant soudain de son prénom, et dans le même élan j’ai réalisé que ce camarade n’avait jamais existé. Restant couché encore quelques minutes, je me suis rendu compte que ce Pierre imaginaire brassait des souvenirs épars de quatre garçons différents – dont trois se prénommaient effectivement Pierre, je crois. Puis repensant à ce rêve, où je me promettais maintenant que j’étais de retour à Bordeaux d’aller revoir d’anciens lieux de mes études, j’ai compris avoir pour de bon fait un retour : pour la première fois en plus de 10 ans que je suis revenu vivre à Bordeaux, je venais… de revenir à Bordeaux, mais l’autre, celui des songes de villes que je faisais autrefois, à Lyon. Ces lieux dont je me souvenais et que je me promettais de revoir n’existaient pas, eux non plus : ils appartenaient au paysage de ces rêves urbains récurrents qui un temps occupaient mon imaginaire nocturne. Je les ai bien reconnus. Me voici donc enfin de retour à Bordeaux – des deux côtés du réel. Une forme de réconciliation.
Archives de catégorie : en songe
#6081
#5209
Pour la première fois depuis j’y suis installé, j’ai rêvé de Bordeaux — un Bordeaux des songes, où notamment le quartier derrière la fac de la Victoire est médiéval, pavé, serré et sombre. Comme un creusement inconnu de la ville. Rêver d’ici en s’y trouvant, l’hybrider avec d’autres villes imaginaires de ma vie du sommeil, quelle expérience étrange. Parce que j’ai regardé des livres sur le Bordeaux d’antan, peut-être. Parce que ma vieille chatte m’empêche encore de dormir, sans doute. Ça chamboule la tête, ces nuits hachées.
#5102
Intéressante expression trouvée dans un roman : être « dream-sick » (oui je recommence à lire en anglais, après un très long régime de littérature française). Ce matin, réveillé très tôt pour tenir un rendez-vous, je rêvais que j’étais en visite chez Marcel Gotlib. Je me trouvais en compagnie d’une copine et d’un copain — mais pas des personnes que je pourrais réellement identifier, c’est curieux ces protagonistes imaginaires — dans un grand appartement meublé de manière bourgeoise très classique, mobilier de style en bois sombre et plein de grands miroirs aux encadrements dorés et moulurés. La copine évoquait le fait d’être à Auteuil mais par la fenêtre d’un balcon se dévoilait toute une ville vue de très haut, genre depuis un flanc de colline, et des montagnes se devinaient sur l’horizon clair. Assis sur un canapé en velours rouge sombre, Gotlib penché sur une table basse dessinait à la peinture blanche des motifs sur de grandes feuilles noires, un peu comme pour un papier peint, pas du tout dans son style.
#4091
Gageons qu’il s’agira hélas d’un week-end sans marche du samedi matin ni brocante du dimanche matin : 100% de pluie nous annoncent gaillardement les services météorologiques, et je viens d’être tiré des bras de Morphée par l’assaut des batteries du ciel sur mon vasistas, un crépitement liquide brusque et brutal qui interrompit un curieux rêve de voyages dans le temps dans un palais des congrès et de fantôme au néon (don’t ask). Damned and gosh, old bean, de la pluie en hiver, où va-t-on je vous le demande ?
