#6042

Chaque année je me dis que la prochaine fois je ne me ferai pas surprendre, que je serais plus vigilant, et chaque année je suis surpris. Quand les hirondelles sont-elles revenues ? Elles sont de retour, elles tournent et virent en sifflant ce soir dans un ciel transparent que hantent quelques bibendums blanc-rosés.

#6039

Que d’eau, que d’eau, et que de pollen. Pas de promenade du samedi mais un long déjeuner bavard avec de vieux copains, suivi d’un peu de brocante (un Zola par Bofa) avant la grande averse. Ce matin, Saint-Michel et Capu, tradition dominicale, un Vuitton Book et une sauge, les coquelicots en chemin et les merles au jardin.

#6038

Après une lourde et longue journée, sortir un instant au jardin pour respirer le parfum de pluie, cueillir quelques feuilles de menthe et dans l’air frais apprécier que flotte cette musique typiquement urbaine d’un mélange de sirène d’ambulance, de grondement ferroviaire et de chant du merle, juste avant le bleu du crépuscule. Plus tard, insomniaque, j’écoute le bavardage syncopé d’une averse sur le vasistas.

#6037

Enchanteresse nature ce samedi, sur un sentier de digue entre zone humide, ruisseau et Garonne. Nous l’avions déjà emprunté un beau matin d’hiver tout en givre, cette fois il éclate d’une profusion impressionniste. Les grenouilles ricanent et gloussent, un chevreuil dodu s’éloigne avec prudence, les grands arbres dodelinent sous le ciel calme. Blancheur du cerfeuil et de la silène, jaune des boutons d’or et du colza, étoiles minuscules des pâquerettes, et l’eau qui brille, étincelle. De robustes graminées se dressent tandis que s’ouvre le chant des oiseaux, sous les piliers électriques, seule empreinte humaine, où grésille la fée dans des structures aux allures de fusée de Tintin. Un lieu secret et préservé.