#4097

Je me rends bien compte, en écrivant mon « grand roman », qu’il y est souvent question d’âge : une partie des personnages concernés se trouve au bord de la retraite, évolution de leur biographie oblige. Bon, il y aura aussi une jeune femme, deux jeunes filles, deux jeunes hommes… mais la thématique du vieil âge sera tout de même pas mal présente, c’est certain. Effet de mon propre âge bien entendu, moi qui me retrouve à discuter retraite dans des mails avec un vieux copain, par exemple. Un autre ami me dit sa tristesse de n’être pas dans le catalogue des 18 ans des Moutons électriques – catalogue surtout conçu pour les jeunes libraires et donc orienté sur le disponible / d’actualité, au détriment du fonds plus ancien qui n’y figure donc pas, hélas. Cruels arbitrages, des fois, en attendant des opportunités de nouvelles éditions. Et puis j’entends la porte d’à côté — un jeune couple vient de racheter la maison de la vieille dame, cette voisine que je regrette. Leur premier acte a été de couper tous ses arbres, les idiots. De l’autre côté, un autre jeune couple nouveau, aussi, avec un petit qui crie beaucoup, mais fort heureusement les murs sont épais et je ne l’entends que lorsqu’il sort dans la rue. Eh ouais, j’suis vieux.

#4095

Au petit matin, je me suis dit que zut le week-end passait beaucoup trop vite et que c’était déjà lundi… Mais au réveil non en fait, nous n’étions encore que dimanche, quel soulagement ! Flûte, rien du tout à la brocante, bien pauvre depuis quelques mois hélas. Rentré, je me suis mis à écrire une bonne partie de la journée, l’inspiration étant là, entre quelques lectures (un polar catho et du « nouveau roman » version Claude Mauriac, ouais cherchez pas). Et puis un peu de boulot ovin le soir. Ah flûte, cette fois c’est vrai, ça va bien être le lundi…

#4093

Finalement, la ville est revenue, brillante et froide sous un soleil auquel deux jours durant l’on ne croyait plus. Au jardin, les capucines sont froissées par le gel et le géranium de Madère frileusement emmailloté d’un protecteur voile blanc.

#4092

Mais qu’ont-ils donc fait de ma ville ? Revenir de Marmande hier soir c’était confronter devant une gare gommée le fantôme de Bordeaux, parcouru de fumées grises et de brumes blanches. Un simple souvenir urbain, borné d’horizons en coton sous un ciel sans lumière, étouffé et glaçant, où même le soleil ne figure qu’en une étincelle perçante.

#4091

Gageons qu’il s’agira hélas d’un week-end sans marche du samedi matin ni brocante du dimanche matin : 100% de pluie nous annoncent gaillardement les services météorologiques, et je viens d’être tiré des bras de Morphée par l’assaut des batteries du ciel sur mon vasistas, un crépitement liquide brusque et brutal qui interrompit un curieux rêve de voyages dans le temps dans un palais des congrès et de fantôme au néon (don’t ask). Damned and gosh, old bean, de la pluie en hiver, où va-t-on je vous le demande ?