#4013

Fini tout de même une longue scène de ma nouvelle, coupé à la grande cisaille quelques fâcheuses lianes de ronces, pris à la dictée un mail de mon parrain, terminé de lire le prochain roman de Nikolavitch ; maintenant je vais retourner à Sayers (ou à Pierre Loti) et au repos, tandis que l’aigle, un milan je suppose, tourne au-dessus des prairies avec des tiuuuuu-tiuuuuu dans l’azur voilé.

#4011

Paysage sonore de neuf hectares de campagne à l’orée de la ville : à la fois le ronflement insistant de la départementale, accélérations d’automobiles, glapissements de motos, grondements de camions… et la légèreté d’une vie naturelle, discrète : claquements d’ailes dans le feuillage, scie des insectes, heurts d’un pivert du côté du mélèze, gazouillis et flûtes cadencées de petits oiseaux, pas de merles sous les arbustes, brève bruine de graines tombant sur les feuilles, murmure du vent, stridences lointaines d’un rapace haut dans le ciel…

#4010

Après un mois et demi de sotte maladie, enfin de retour à Champignac pour un week-end campagnard. J’ai raté les foins, les prairies sont maintenant courtes et verdoyantes de fraîcheur. Raté aussi les cerises, j’irai voir tout à l’heure s’il y a des mûres.

Il y a bien des mûres, et un prunier couvert de fruits encore. Des rouleaux de foin sous les haies et un bombardement de mottes de terre par les taupes au sein des prairies rases. Paysage moins ensauvagé que lors de mes précédents séjours, il a pris la sagesse de l’été, plein d’éclats de soleil même dans les recoins les plus frais.

#4006

15 août, les cloches de Sainte-Geneviève résonnent longuement sous un ciel blanchâtre où la chaleur d’hier a laissé des hématomes gris et bleu. Le vent d’océan qui a rafraîchi si vite l’atmosphère frémit encore dans les feuilles du micocoulier. Un train passe en heurts fluides, avec un grincement flûté dans le jour immobile, couleur perle.

#4003

En dépit de mes lectures répétées de mauvaise littérature et de petits miquets, l’IRM ne relève aucun dommage visible à mon cerveau. C’est fou. Sortant de ces longs examens, j’ai fait ce matin le tour d’un joli parc autour d’un étang – oh, un peu de verdure. Vu un ruisseau, une poule d’eau, des joggeurs, des champignons, des canards, des clébards, un héron – et aucun petit patapon.