Paradoxalement, ce qui déclenche le mieux ma machine mémorielle n’est pas la vue classique de Chinon, la ville dont ma famille est originaire, mais, en lui tournant presque le dos, celle du faubourg de l’autre côté de la Vienne, cette « carte postale » du pont de Chinon et de la maison de l’île. Bâtie au milieu des arches de pierre, cette demeure symbolise pour moi au moins autant que le château sur son coteau cette petite ville où je venais chez mon grand-père. Ma grande tante Lucie Boutillier du Retail vécue dans la « maison de l’île » à la fin de sa vie.
Archives de catégorie : journal
#3030
La vieille Jabule, avec dix-sept ans à son compteur félin, ne pouvait rester sans soins durant plusieurs jours (médicament matin et soir), c’est donc avec la bête que je me suis rendu au pays de mes parents. Première fois que la chatte voyage et la voir découvrir une grande maison, explorer un immense jardin, jamais loin de moi, miaoutant tous ses commentaires d’abondance, s’avère un touchant délice.
#3029
Partir de chez soi depuis… combien de temps ? Il y avait eu un voyage à Londres début novembre 19, et puis un bref aller-retour parisien pour une réunion, l’avant-veille du premier confinement. Alors voici, dans le train qui file vers un trio de jours en Touraine. Les eaux successives, les vignes, les prés, les bois, quelques éoliennes au loin et, par-dessus, un ciel plus haut que grimpent des géants blancs.
#3027
Serais-je ainsi à la retraite, ces molles journées à passer d’un livre à l’autre, picorant dans des piles qui montent sur le dossier du petit canapé et sur la table du salon ? Mais sera-t-elle jamais une réalité, cette retraite qui me tente et s’approche incertaine, alors que les éditeurs passent pour des requins et que le feuillet bleu dément ce postulat de richesse ?
#3026
Presque rien, des heures lentes entre deux averses et dans le chant des oiseaux, pas toujours mélodieux : une pie ricane chez les voisins. Lire ou relire du Simenon, du Jaccottet et du Gracq. De ce dernier, l’expression de mon moment de pause : « un vide intermédiaire entre la méditation et le bâillement. » Réflexe professionnel cependant, je m’étonne du nombre de fautes d’orthographe aux éditions Corti. À qui se fier mon bon monsieur.
