Oscillant ces temps derniers entre des romans de Murakami et de Jonathan Coe, je suis fasciné non seulement par la fluidité captivante de leur prose, leur beauté, leur humour, leur dureté également — là où deux séries de « cosy fantasy » lues récemment aussi, pour sympathiques qu’elles soient, frappent tant par le convenu de leur écriture que j’ai cru lire de la fantasy des années 80 genre Barbara Hambly, alors que ça vient juste de paraître — mais en fait… par leur voix. Si différentes, singulières et reconnaissables. Des intimes de ces auteurs entendent-ils le son de leur voix lorsqu’ils les lisent, en reconnaissent-ils le timbre ?
(La photo est celle d’un téléphone de Pierre Véry, que possède mon ami et éditeur Christian Robin)
Archives de catégorie : Lectures
#6095
Trouvé ce matin l’un des drôles de romans d’une ancienne gloire bordelaise de l’université et des médias, Robert Escarpit, créateur notamment de l’IUT où je fis mes études et auteur d’une sorte de SF décalée chère au cœur de mon vieux camarade Pascal J. Thomas. Hier je lisais un autre ami, l’univers inquiétant des Navigateurs de Serge Lehman puissamment illustré par Stéphane de Caneva. C’est magistral, ce Paris parallèle et archéomythique, Redon, Cocteau, MacOrlan, je ne pouvais qu’aimer. Maintenant je m’essaye au Londres parallèle d’Alan Moore (Le Grand Quand).
#6093
Je le redoutais depuis longtemps. Je l’apprends au détour de la presse. Voilà, mon auteur favori, et de loin, vient de mourir. Jacques Réda (24 janvier 1929 – 30 septembre 2024). 95 ans est certes un bel âge mais cela ne me console guère. Bouleversé comme je le suis déjà en ce moment je retiens mes larmes, peut-être ne devrais-je pas.
#6079
En cette langueur estivale dont je redoute la prochaine canicule, je viens de trouver une bien belle formule chez Robert MacFarlane sur les gens qui se croisent sans se connaître, « foreign as dark fish in ink ». Et hier soir j’ai entrepris de relire l’un des chefs-d’œuvre de Simenon, ce Port des brumes si plein de gens et de brouillards.
#6073
Suis en train de lire, avec délice et pas mal d’éclats de rire, le journal de voyage de Iain Banks en Écosse à la recherche des whiskys, Raw Spirit. J’y lis à l’instant « In common with a lot of writers and not a few readers, I kind of collect words ». Hier matin mon ami Fabrice en a utilisé un très joli, une lambourde. Les mots, cette source continue de découvertes – en danger des détournements idéologiques et des érosions par les sots et les fats.