Ne rien faire : depuis le banc, regarder deux citrons voleter dans la lavande, oscillant d’une fleur à une autre comme des lamelles de lumière ivres de parfum ; voir les bambous gesticuler au-dessus du pignon de la maison ; contempler le balancement des gauras au sein du bouquet de pois de senteur ; apprécier le passage sur fond de bleu d’une hirondelle ou d’un pigeon, tandis que de gros nuages tordus défilent en frise blanche tout en bas du grand ciel.
Archives de catégorie : nature
#2787
#2778
Midi. Un instant au jardin, dans une douceur humide et parfumée, avant que la ténèbre qui montre plein ouest son cul de plomb chargé d’eau ne vienne réjouir les plantes à défaut des hommes. De tous côtés vibrent des fleurs dans cette lumière grise et un corbeau donne de la voix, rauque, couvrant un moment les roucoulements proches et les gazouillis plus lointains. Le vent arrive, les feuillages bruissent, la lumière baisse : rentrons vite. // Plus tard : jour blafard et frileux. Au jardin ne glissent plus que les escargots, tout bave et dégouttelle, les têtes jaunes d’une sauge hochent sous le crachin. Le ciel grommelle.
#2758
Hier le temps était au beau et dans cette sorte de clarté humide qui se faisait sous un ciel clair, de nombreux moucherons menaient une danse. Ils tressautaient dans l’espace vert entre les coupelles suspendues de l’abutilon, les grands doigts frais du figuier et la jungle frisée du fuchsia. De temps en temps, un bourdon fendait cette foule de miettes pour aller d’un pied de monnaie-du-pape à un autre. La quiétude de ce samedi semblait presque incongrue, après vingt-deux semaines de tournoiements d’hélicoptères, de bruits sourds dans le lointain et de sirènes plaintives, toute cette confusion brutale d’un régime au pain sec. Au soir, j’allais faire quelques pas sur les boulevards et les oiseaux trillaient, gloussaient, pépiaient, petits corps vibrant et fusant depuis les fils électriques jusqu’aux bas platanes qui sont de « frémissants docteurs glosant les subtilités de la lumière », comme le dirait Réda. Aujourd’hui la ville froide courbe l’échine sous un ciel blanchâtre, qui va rester dans cette hésitation, crachin, quelques traces de bleu, solitude silencieuse, la végétation se gonfle d’ombre et l’arbre de la vieille voisine pleure son feuillage roux comme pour un nouvel automne.
#2785
La réputation de timidité des violettes est totalement usurpée : elles envahissent tout et je viens d’en arracher quelques brassées afin de pouvoir planter mes pieds de tomate.

