Dimanche maritime : l’océan des arbres, éveillé par un vent soutenu, gronde, bruisse et souffle en amples abattements réguliers, des turbulences dans lesquelles il me semble entendre les vagues d’une grande marée.
#3072
Marcher en prairie comme on le ferait en lisière de plage : lever haut les jambes, le pas heurté, avancer contre les vagues d’herbacées, soulever non des effluves salines mais des senteurs de menthe blanche, lutter contre la résistance des éléments – puis un lièvre bondit entre les grands ronciers et je m’incline sous les frênes comme l’on regagne un rivage. Humbles mais envahissantes cousines des roses, les ronces d’Arménie près du potager bourdonnent de petits corps velus et pressés.
#3071
#3070
Après la pluie, la prairie exhale une senteur de paille et de terre, à la fois âcre et piquante. Le mouvement du vent et des averses a creusé de petits vortex verts au sein des hautes herbes. Celles-ci, alanguies, se couchent aux abords des haies en longues hachures végétales. Les cerises ne sont toujours pas mûres, et j’ai encore effrayé un chevreuil, qui m’a montré son pompon blanc tout en hennissant sa désapprobation. Filant vers un roncier, il ébroua quelques grognements. Les nuages filent continuellement.
#3069
Promenade à la recherche de prêles, ce matin – si si, il y avait une excellente raison, et donc plaisante dérive urbaine de friches en petites rues, avant que de regagner Champignac pour un avant-dernier week-end qui devrait être passablement humide. Il flottait sur la ville des senteurs de buddléias. Tristesse hélas à midi d’apprendre la mort cette nuit de ma vieille voisine, mademoiselle Rose, à 88 ans.
