#2324

Levé relativement tôt ce matin, après une nuit remuée et hachée, et ayant les yeux qui piquaient trop pour poursuivre la lecture du dernier polar à avoir échoué sur ma table de nuit, je me suis résolu à descendre et à sortir — aussi bien, j’avais encore un bon tas d’enveloppes à aller déposer à la moins éloignée des boîtes à lettres normées que la Poste installe si parcimonieusement le long de nos artères urbaines. L’épaule alourdie, je traversais donc les petites résidences sixties des alentours du centre de formation ferroviaire, pour constater que ce jour encore serait bien brumeux. Les bords du boulevard se gommaient donc en blanc-gris léger, assez semblable m’a-t-il semblé au contenu de mes humeurs ces derniers temps, au sein d’un monde qui s’assombrit, me heurte, me fait souvent peur, ne propose que si peu d’intelligence et de compassion et n’offre que de fugaces étincelles d’amitié à saisir très fort. Je n’avais pas remarqué l’hiver dernier que Bordeaux était si sujet au brouillard, inattention, hasard saisonnier, changement climatique?

PS : Traversant le jardin de Mériadeck l’autre soir, j’ai pensé à William Degouve de Nuncques.

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#2323

C’est un brin suant, ces longues insomnies. Mais au moins lis-je plus encore, dira-t-on pour se rasséréner. Ces derniers temps, j’ai eu envie de redécouvrir le polar californien (les héritiers de Ross McDonald, quoi) en général, et les polars américains gay en particulier. Je viens donc de relire The Little Death, le premier Michael Nava ; Fadeout, le premier Joseph Hansen ; et Vermillion, le premier de la très amusante série signée Nathan Aldyne, qui était un pseudo de l’auteur d’horreur et scénariste de Beetlejuice, le regretté Michael McDowell (et oui, je sais, ça se déroule à Boston, pas en Californie, mais l’esprit est proche). C’est mon côté un peu fleur bleue, ça, de lire du polar gay… (même si ça n’y rigole pas toujours, bien sûr)

#2322

Bon, ces derniers jours j’étais passablement stressé et irrité par quelques conneries… mais ce matin pleuvent les chouettes nouvelles : un auteur qui prend des congés pour nous écrire son roman ; un autre qui arrête de fumer, ouf ; une autre (américaine) qui s’enthousiasme de notre désir de publication ; la fille d’un autre qui nous écrit une lettre drôle et gentille. Et quelqu’un que j’aime par-dessus tout qui débarque ce soir. Yep, good day so far.

#2321

Le week-end dernier, je disais à ma rousse amie que je ne parviens plus du tout à regarder des « images qui bougent », je n’ai plus l’attention et l’envie de regarder films et séries — je continue seulement à suivre Doctor Who, et encore, l’épisode de samedi dernier, l’habituel machin obligatoire dans une base spatiale toute en couloirs, moué bof, pas encore regardé. Je ne sais pourquoi mais je n’ai plus envie que de lire, de lire, de lire. Plus encore qu’avant, je veux dire. Une exception pourtant : les documentaires. De même que j’avais été rivé à celui sur la photographe de rues Vivian Meier, ces derniers soirs j’ai suivi la 16e saison de Grand Designs, une émission anglaise qui suit la construction de grands projets architecturaux domestiques. J’adore ça.

Oué oué, je sais, je deviens vraiment bizarre. D’ailleurs, lire c’est bizarre, tout le monde trouve parfaitement normal et logique que chacun connaisse tous les derniers films hollywoodiens sur le bout des ongles, et l’on s’étonne rarement qu’en revanche si peu de gens lisent. Les gens sont bizarres, en fait.