Éreintante est l’existence de l’éditeur en salon : cet épisode des Escales du livre de Bordeaux, nouvellement au pluriel, fut contrasté, dirons-nous. Un vendredi tellement désert que l’on s’attendait à voir rouler des buissons dans les allées ; un samedi où l’affluence irrégulière et une chaleur plombante ajoutèrent à la dureté d’une clientèle très difficile à convaincre, chaque vente semblant devoir se faire au terme d’une âpre argumentation ; et un dimanche atone, entre embouteillage du devant d’un chapiteau mal organisé, chaleur puis orage, et lecteurs au compte-gouttes. Chaud et froid, assis et debout, aspirine et thermos de thé ; je vois double de fatigue, et encore ai-je évité en vieille dame que je suis les fiestas de chaque soir. Nos meilleures ventes furent cette année les Chroniques sarrasines de Boireau, les deux Pagel Roi d’août et Flammes de la nuit, et comme à chaque salon la palme revint à mon alter ego Olav Koulikov, dont les petits polars uchroniques pas chers séduisent systématiquement des lecteurs plus frileux devant fantasy et SF. Il s’agit de mon menu plaisir personnel des salons, que de signer ainsi du détective à vapeur.
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En ce samedi printanier, balade au jardin botanique de la rive droite pour observer les floraisons et bourgeonnements tout frais. Les grenouilles s’époumonaient, les chenilles processionnaient, les alevins frétillaient. Le reste de la promenade s’avéra plus minéral et moins attrayant, dans les vilains nouveaux quartiers aux immeubles serrés et médiocres où rien ne distingue plus Bordeaux de Villeurbanne ou de Massy : le nivellement par le vulgaire architectural.
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Parti tôt ce matin, c’est avec une certaine alarme que, depuis ma fenêtre de bus, j’ai observé l’enchevêtrement précaire et confus de toutes ces mobilités urbaines, les piétons filant comme des dytiques sur l’asphalte, les vélos en frêles sauterelles, les hannetons des voitures et les grosses chenilles grises des tramways croisant les fils tressés par ces araignées de scooters, des trajectoires en tous sens qui agitent les toiles et la trame des rues.

