À Champignac, d’avoir moissonné les prairies il y a quelques semaines bénéficie à la menthe blanche, qui les couvre maintenant de ses fleurs graciles et de ses feuilles odorantes. La chaleur tardive accalme une campagne immobile et silencieuse, seulement troublée de quelques grésillements d’insectes sous les nuages filasses. Un ragondin a été aperçu cette semaine, je n’ai pas la chance de l’avoir vu.
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Les tambours de la ville battent lentement, pulsation ferroviaire et rumeur automobile. La nuit tombe déjà tôt, dans des embrasements d’or et de rose que n’oserait pas un décorateur d’intérieur de bon goût. Un flot d’ombres bat sous les feuillages du patio et filent en silence quelques pipistrelles dans la nuit neuve. Une froide lueur électrique maquille la résidence d’à côté d’une pâte à la Magritte. Une bruine de passage éveille mollement des reflets sur les carreaux. Soir engourdi.
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« La fenêtre est ouverte sur des chuchotements, des émotions, des rumeurs. C’est un vaste soir de feuilles et de regrets. » (Beucler et Fargue, Composite)
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En fin d’après-midi, je suis sorti dans la rue simplement pour le plaisir de lever les yeux au ciel – littéralement. Un panorama vaste et tumultueux, lumineux à en heurter le regard et parcouru d’ombres bleues. Après le temps tropical d’aujourd’hui – averses et chaleur – peut-être allons-nous revenir à des « normales saisonnières », moins fatigantes ?
