Se lever très tôt après une nuit fraîche à la campagne, redescendre à Bordeaux dans la lumière vive, tram, bus, tout ouvrir, arroser le jardin, à l’orée d’une journée en apnée — notre vie caniculaire. Et la région brûle.
#5068
Quelques pas pour réfléchir et, comme l’on ramasse des coquillages sur la plage, je me penche sur des artefacts déposés par la nature : feuille morte craquante du magnolia, lambeau d’écorce à l’élégance minimaliste, pomme de pin, branchette… À la place de la mer, il y a le murmure du feuillage des grands arbres.
#5067
La nature me gâte : je viens d’avoir le bonheur d’écrire dans la fraîcheur matinale tout en observant du coin de l’œil un renard qui allait et venait, tranquille, juste devant moi dans la prairie du devant. Je ne vois pas le merle qui, sous l’immense séquoia, gratte le tapis d’aiguilles avec insistance, mais le devine.
#5066
Afin de gagner ma résidence d’écriture du week-end, il y a une bonne vingtaine de minutes de marche à pied depuis un terminus du tram. Je me suis donc de nouveau levé à 7h ce matin, pour faire le trajet à la fraîche. Agréable impression de havre lorsque j’atteins ces prairies et ces grands arbres au-dessus desquels tourne l’appel sifflé des éperviers. Un air frais coule encore à cette heure. Je pense être proche de terminer la première partie de mon roman — sans doute la plus importante en nombre de signes.
