#518

Un des multiples boulots que je dois accomplir pour la réalisation de cet énorme bouquin, c’est la réunion des illustrations. Le problème résidant dans la question des droits: ainsi, pour reproduire un tableau d’autrefois, qui devrait se trouver dans le domaine public, il faut en fait obtenir une autorisation du musée qui le possède actuellement… Pas une mince affaire, vous l’imaginez.

Et quant à obtenir des autorisations de grands messieurs comme Howe ou Frazetta, sincèrement je ne vais même pas essayer.

L’une des solutions à adopter, alors, consiste à farfouiller dans les illustrations anciennes, tombées dans l’oubli. Ce qui me va fort bien, amoureux comme je le suis des anciens livres illustrés pour la jeunesse. Il y a là des trésors méconnus à remettre à jour… J’ai ainsi profité de mon passage pour le nouvel an chez deux amies, en Provence, pour « piller » leurs bibliothèques & faire moults photocopies & scans. De même chez Ugo Bellagamba, à qui j’ai emprunté un somptueux Andersen illustré par Jiri Trnka — et demandé des scans d’après un ouvrage du XIXe siècle.

Seulement voilà: il convient malgré tout d’être prudent. Pas question de devenir un pirate. Et si des gravures anonymes du XIXe ne devraient guère poser de problèmes, je cherche en revanche à remettre la main autant que possible sur les ayants-droits d’illustrateurs oubliés du siècle dernier… Car le passage du temps n’est guère clément avec ces humbles de l’art: tout ou presque reste à faire pour la redécouverte des illustrateurs pour la jeunesse qui oeuvrèrent durant le XXe siècle, notamment en France. Et ma foi, voilà un petit rôle qui ne me déplaît pas: ce livre devrait permettre à des dessins & artistes ayant sombré dans l’obscurité d’un peu connaître une nouvelle jeunesse. Des gens de talent comme Henri Dimpre, Adrienne Ségur, Albert Uriet, Henry morin, Guy Sabran, André Pécoud ou Roger Reboussin, par exemple.

Et c’est là que ce travail se transforme en véritable enquête policière. À l’aide du web (sans lequel rien de tout cela ne serait envisageable), je recherche des références à ces illustrateurs, traque les pistes et tache de remonter jusqu’à d’éventuels héritiers… J’ai par exemple découvert hier que Guy Sabran était le frère aîné d’un vieil & fameux auteur de polar & de populaire, Paul Berna (de son vrai nom Jean Sabran). Reste à ce que je trouve l’adresse de Paul Berna — s’il est encore de ce monde, s’entend (mais l’entretien que j’ai trouvé semblait récent).

Comme quoi le merveilleux mène à tout, même au job de détective privé… 😉

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