#673

Pour citer mon petit camarade Gino: « J’ai parlé avec Moorcock une minute et c’était une très bonne minute… »

Moi aussi, j’ai parlé avec Michael Moorcock (même que je lui ai donné le Panorama de la main à la main, n’ayant pas pu le lui envoyer puisqu’il est en vadrouille à travers l’Europe), et avec Paul Di Filippo, et avec Henrik Loyche… Quant aux Français, hem, impossible de citer tout le monde…

C’est du festival Utopiales, que je aprle. Quis e déroulait à Nantes le week-end dernier. Sur quatre jours, même — et c’est long! Très agréable, amusant, très fructueux aussi, mais passablement épuisant. Au point qu’à y songer quelques jours après, mon impression principale semble être celle d’une longue pièce au sol et aux murs sombres, qu’emplissaient des grandes quantités de gens et une quantité sans doute encore plus grande de fumée et de brouhaha. Il s’agissait du bar du festival, que des panneaux de bois séparaient du principal de l’activité (ou du moins, du vaste hall où s’agitait le public et résonnaient les tables rondes), et dont les fenêtres s’ouvraient tels les hublots de l’Enterprise sur un spectacle d’étoiles, dès que le jour tombait (la grande rotonde du palais des congrès se perle d’un poiintillé de lumières). Dans cet espace privilégié, ou bien deux étages plus haut, autour des vastes tables rondes du « mess », c’est toute la « Starfleet » du milieu SF et fantasy qui bourdonne, rit, bavarde amicalement, discute sérieusement, se retrouve ou se découvre. Un brassage d’ampleur bien plus grande que nos bonnes vieilles conventions en rétrécissement constant; un intéressant melting-pot de pros et de fans, de vieux et de jeunes — sans doute est-ce un signe supplémentaire de l’âge qui me vient, mais des jeunes, il y en a de plus en plus, d’ailleurs. Et je ne saurais m’en plaindre, bien au contraire, si ce n’est que mon manque de physionomie ne me permet pas toujours de reconnaître chacun dès la première rencontre…

Ne faisons pas trop mondain: je ne veux ni ne peux décrire chaque rencontre, citer chacun. De fait, si je ferme les yeux je me souviens surtout de cette longue salle au plafond bas, d’un éclairage incertain, tamisé en rouge-jaune, les volutes bleutés de la fumée, la foule tout le long du bar, au fond, le monde qui va et vient, des visages familiers émergeants, les groupes se faisant et défaisant, en cette valse des contacts, discussions et séparations bien particulirèe à ce genre de réunions. Des sourcils bruns (y aurait-il pénurie de blonds dans la SF?), un nombre accru de crânes chauves (ah ben oui, les blonds se rasent, en ce moment!), des sourires amicaux, des mains qui se posent sur mes épaules (Ugo), une main qui se glisse dans la mienne alors qu’affalé sur un sofa j’ai un coup de barre (Sara), une bise, d’autres… (beaucoup de tendresse, dans ce milieu) trop de fumée, mauvaise pour mon asthme, mais sinon, ah le plaisir de rencontrer des correspondants virtuels de l’internet, et de revoir tant de monde, de discuter avec des copains et copines, de remettre au point des projets éditoriaux, d’en laisser germer d’autres, conclure des accords, d’échanger sur des bouquins, de boire jusqu’à tard dans la nuit, de parler et parler encore de même. Et puis, tiens, j’ai resongé à une remarque d’une amie de l’Oxymore: les nombreuses conversations sur la musique! Amusement de parler de Steven Wilson avec Comballot ou de Nick Drake avec Heliot.

Les côtés négatifs? Bah, guère: même attaqué dans une diatribe publique passablement déplacée et ridicule, je ne me suis pas senti touché. L’absurdité d’une telle attaque, le ton ésotérique et la personnalité de l’orateur ne prêtaient qu’au sourire moqueur. Quant aux aspects hautains, au sens de la hiérarchie et aux hotesses-potiches qui m’avaient tant irrités une précédente fois, tout cela semble s’être estompé, avoir même disparu dans le dernier cas.

Enfin, grâce à mon cher Ugo, une aventure parallèle extrêmement plaisante: une intervention scolaire, en collège, à St Nazaire. Justement j’avais envie, ces derniers temps, de me livrer à une telle expérience — et en fus frustré par la sottise de certaines profs, apparemment incapables de s’organiser un tantinet. Bref donc, nous animâmes un petit cours auprès d’élèves de 4e que leur prof nous avait présenté comme « turbulents » mais qui s’avérèrent, avec nous, sympas et intéressés. Et sans avoir de grandes vélléités professorales, ma foi, la vitalité et l’intérêt de ces échanges furent si bien conformes à mes e,nvies — et je récidiverai volontiers, à l’occasion.

L’escapade se poursuivit de manière tout aussi fidèle à mes goûts: une petite balade post-industrielle dans la zone portuaire, puis un pélerinage éouvcant à St-Marc-sur-Mer — Les vacances de monsieur Hulot! Avec l’Hôtel de la plage, incroyablement inchangé, et une statue de Tati. Que du bon temps.

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