#1379

Venezia jan 08 / 2

Au sortir de la gare, juste quelques marches monumentales et c’est déjà la Venise typique: la station ferroviaire étale sa large bouche au ras du premier quai. Pont arqué, palais roses, dôme vert-de-gris, trafic des bateaux sur le canal. Mais c’est une Venise au quotidien: dans une gondole qui balotte contre un grand pilier de bois, fruits et légumes s’entassent en cageots. Un navire long et bas nous emportent vers la place Saint-Marc: pas de glamour par cet itinéraire, mais le dos des entrepôts, puis des usines, les barges chargées de colis ou de containers. Des ferrys s’agglutinent contre un quai, les cheminées d’un paquebot grec fument grises au-dessus d’un hangar de même teinte. Des mouettes tournent autour des flèches de deux grues de levage, sur fond de façades classiques. Un minaret émerge de la brume. Le zigzag des toitures d’usines anciennes, en brique rutilante dans les rayons matinaux, se détache en bord d’eau, mais sept campaniles font contraste.

Après une enseigne Fortuny, la ville commence enfin, rose et blanche, volets verts, fenêtres en ogive. Les embruns éclaboussent la vitre.




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