#1475

J’en discutais l’autre jour avec un ami: je ne peux parler de tout ce qui m’intéresse, sur ce blog, et par conséquent je « zappe » généralement la bédé et la musique. Pour cette dernière, la raison en est que j’ai l’impression à la fois qu’il est excessivement difficile de parler de musique de manière intéressante — en tout cas, intéressante pour quelqu’un qui ne connaît pas déjà ladite musique ; et puis, parce que pour moi, finalement, la musique est quelque chose d’assez intime. Souvent l’objet d’un partage avec une autre personne. Ainsi par exemple de cette compil que mon ex-coloc m’a envoyé par mail morceau par morceau durant cette fin juillet. De petites merveilles de jazz-rock Canterbury douces et folles comme je les aime. Ou bien cet opéra d’André Campra que vient de me copier Ugo Bellagamba, « Tancrède », fruit du travail de redécouverte et d’orchestration de son grand-père à l’époque où il dirigeait l’ensemble instrumental de Provence, avec son oncle au clavecin. Ou bien encore tel ou tel artiste « ça le fait grave » génie de la semaine selon Axel (et parmi ses enthousiasmes de l’année — scolaire — passée, j’ai tout de même conservé Elvis Perkins, Andrew Bird, Tuung et le jazz éthiopien). La musique, c’est une émotion très personnelle, la BO de relations humaines qui me sont chères.

Pour la bédé, il en va autrement: c’est simplement que j’en lis tant, que je ne trouverai jamais ici le temps d’en rendre compte. La série complète de Mushishi trouvée chez mon bouquiniste favori. Le deuxième tome de L’Idôle dans la bombe de Jouvray (bon sang que j’adore ce que fait ce mec!). Deux Michaël Steckerman déjà un peu anciens chez Atrabile. Les beaux albums de Lehman et de Colin chez l’Atalante. Le plaisir inattendu de découvrir dans le Spirou de cette semaine que Dodier ressuscite sont vieil et ô combien attachant personnage de Gully. Relire tous les Choucas de Lax dans la belle reliure noir et blanc. Me faire les délices pervers du machisme ringard et de l’esthétique atroce des Luc Orient de Paape dans la troisième intégrale qui vient de sortir. Dévorer les tpb de Tom Strong et ceux de ce qui est assurément une de mes bédés favorites de ces dernières années, les Fables (oh chouette, la dixième reliure m’attend chez mon dealer de comics). Et j’en passe, et j’en passe: je suis « accro » de bédé, et en lit en permanence, par petits moments de détente.

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